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Cuba et l´UE notent une relation satisfaisante

Par Laura Becquer Paseiro

La Havane, 13 septembre (Prensa Latina) En à peine deux ans, l’Union Européenne (UE) a changé sa position politique vis-à-vis de Cuba en faveur d’un 'développement satisfaisant' des liens bilatéraux, contrairement à un autre acteur majeur : les États-Unis.


Alors que Washington défend de vieilles méthodes pour une même cause, asphyxier économiquement et politiquement la Révolution cubaine, Bruxelles cherche à rapprocher des positions avec la nation caribéenne après une décennie bien difficile.

La communauté européenne a compris que des voies comme l´antérieure Position Commune ne mènent à rien en ce qui concerne les relations avec La Havane.

En signe de la volonté des deux parties de laisser derrière elles un passé tourmenté -attitude que les étasuniens ne n´arrivent pas à saisir- le bloc des 28 pays a insisté pour être présent dans ce qu’ils appellent la 'modernisation du peuple cubain'.

La récente visite à Cuba de la haute représentante de l’UE pour les Affaires Étrangères et la Politique de Sécurité, Federica Mogherini, pour tenir le deuxième Conseil Conjoint du bloc avec l´île, en a témoigné.

Celle qui est également vice-présidente de la Commission Européenne a déclaré à La Havane que les discussions avec la plus grande des Antilles sont franches, ouvertes et très positives, y compris sur des thèmes où nous avons des perspectives différentes.

Deux jours ont suffi pour à nouveau confirmer la position de l’UE sur l’activation du titre III de la loi Helms-Burton, qui affecte les intérêts de plusieurs entrepreneurs européens.

À cet égard, Bruxelles a réaffirmé l’illégalité de l’application extraterritoriale de dispositions coercitives unilatérales et indiqué que toutes les mesures appropriées seraient utilisées pour protéger ses intérêts légitimes, ses citoyens et ses entreprises.

L’impact extraterritorial de cette législation, adoptée en 1996 par le Congrès étasunien, est de décourager les investisseurs européens et de créer la peur et l’incertitude, a déclaré l’ambassadeur du bloc communautaire à Cuba, Alberto Navarro, dans un entretien récent à Prensa Latina.

L’intérêt européen pour Cuba a une forte composante économique. L’UE est le premier partenaire commercial et le premier investisseur dans la nation antillaise et, selon Mogherini, la coopération a triplé au cours des deux dernières années, passant de 50 millions d’euros à 140 millions d’euros. Cependant, ces liens commerciaux, financiers et d’investissement bilatéraux ont un obstacle : le blocus économique imposé par les États-Unis il y a près de six décennies contre Cuba, comme l’avertissent dans chaque scénario les autorités de l’île. C’est pourquoi la communauté européenne maintient son vote en faveur de la résolution cubaine qui demande à l’ONU depuis 1992 de lever cette politique de siège contre l’île.

CULTURE ET COOPÉRATION, AUSSI DANS L’AGENDA

La coopération européenne à Cuba est régie par l’accord de dialogue politique et de coopération qui est entré en vigueur en 2017 et qui établit les conditions du développement de 'liens stables, mutuellement avantageux et à long terme'.

Au cours de la première année de mise en œuvre de cet accord, le premier Conseil Conjoint et le premier Sous-Comité de Coopération ont obtenu des résultats positifs, ainsi que les cinq dialogues politiques prévus.

Début septembre, la Havane a accueilli le deuxième Conseil Conjoint qui, de l’avis du chancelier cubain Bruno Rodriguez, a marqué « le début d’un nouveau cycle de progrès dans nos relations bilatérales ».

Cuba entretient des relations diplomatiques complètes avec les 28 États membres de l’UE et a célébré en 2018 le trentième anniversaire de l’établissement des liens avec la Communauté Européenne.

La sécurité alimentaire, l’adaptation au changement climatique, les énergies renouvelables, l’échange d’expériences pour la modernisation de l’économie et la culture cubaine font partie du vaste programme développé en si peu de temps.

Dans ce dernier domaine, un programme de 15 millions d’euros, connu sous le nom de Transculturel, a été lancé pour soutenir la coopération à Cuba et dans les Caraïbes dans ce domaine.

L’initiative comprend la restauration du Couvent de Santa Clara, situé dans le centre historique de La Havane, dans le but de transformer l’édifice en centre de formation académique en arts et métiers pour la restauration et la conservation du patrimoine de Cuba, des Caraïbes et des Antilles.

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*Journaliste de la rédaction nationale de Prensa Latina.