Agence de Presse de l'Amérique Latine

De nouvelles actions urgentes pour arrêter la guerre au Yémen sont nécessaires

Nations Unies, 17 septembre (Prensa Latina) L’envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies pour le Yémen, Martin Griffiths, a souligné hier devant le Conseil de Sécurité qu’il fallait agir d’urgence pour mettre fin rapidement à la guerre au Yémen.


Malgré les efforts diplomatiques, le pays s’éloigne de la paix que la communauté internationale tout entière recherche, a regretté le représentant de l’ONU par vidéoconférence depuis Genève.

Il a également évoqué les attaques contre les installations pétrolières d’Aramco, en Arabie saoudite, qui augmentent le risque d’un conflit régional.

Samedi dernier, des drones ont frappé les usines d’Abqaia et de Khurais en Arabie Saoudite, bloquant la moitié de la production pétrolière du plus grand exportateur mondial.

Les rebelles houthis (groupe d’insurgés du Yémen), qui sont attaqués depuis 2015 par les forces d’une coalition internationale dirigée par l’Arabie Saoudite, ont revendiqué la responsabilité de cet acte et déclaré qu’il s’agissait d’une offensive de représailles contre l’intervention au Yémen et les agressions contre ses structures.

Griffiths a également fait état de quelques progrès limités dans les dialogues entre les parties en conflit, qui ont pris des mesures supplémentaires pour respecter l’accord de Hodeida sur un cessez-le-feu et un redéploiement des troupes dans cette ville portuaire.

Bien que le nombre d’incidents violents ait diminué dans cette localité, la poursuite des attaques dans le reste du pays est très préoccupante.

Dans le même temps, a-t-il ajouté, la libération des prisonniers reste une question en suspens.

'Nous n’avons pas de temps à perdre pour avancer vers un règlement politique qui mettrait fin au conflit au Yémen.'

Pour sa part, le coordonnateur humanitaire de l’ONU, Mark Lowcock, a également condamné l’attaque de samedi contre les installations pétrolières en Arabie Saoudite. De même, a-t-il souligné, les agressions contre les civils au Yémen se poursuivent, c’est pourquoi il est si important de parvenir à un cessez-le-feu.

L’environnement opérationnel des organismes d’aide se détériore, mais l’aide humanitaire est de plus en plus nécessaire pour atténuer la famine et traiter des maladies comme le choléra, a-t-il souligné.

Malgré cela, a déclaré Lowcock, le financement des opérations humanitaires pose de nombreux problèmes.

La représentante permanente des États-Unis à l’ONU, Kelly Craft, a profité de cette séance du Conseil de Sécurité pour lancer des accusations contre l’Iran, à qui elle a imputé les attaques de samedi contre les installations pétrolières en Arabie Saoudite.

Téhéran a rejeté catégoriquement cette accusation, et affirme que Washington cherche à détruire sa réputation et à ouvrir la voie à de futures sanctions.

Pour leur part, les autorités russes ont appelé à s’abstenir de tirer des conclusions hâtives et de prendre des mesures contre les responsables des récentes attaques contre les infrastructures pétrolières saoudiennes.

Selon l’Organisation des Nations Unies, le Yémen souffre de l’une des crises humanitaires les plus longues au monde, en grande partie en raison du conflit qui oppose depuis 2014 des troupes gouvernementales à des rebelles houthis d’Ansar Allah.

La crise s’est aggravée en 2015 avec le début des bombardements d’une coalition anti-insurrectionnelle dirigée par l’Arabie Saoudite.

D´autre part, ugroupe de journalistes français du collectif Disclose a publié aujourd’hui dans plusieurs médias deux vidéos montrant que l’Arabie Saoudite utilise des bateaux achetés à la France dans cette guerre contre le Yémen.

Le travail de recherche, réalisé en coopération avec Radio France, Médiapart et le portail hollandais Lighthouse Reports, a servi à démontrer pour la première fois l’utilisation de navires de guerre français vendus à l’Arabie Saoudite et aux Émirats Arabes Unis (EAU) pour le blocus maritime contre le Yémen.

Le 15 avril dernier, Disclose a accusé le gouvernement français de mentir sur cette question, en publiant un document confidentiel du ministère de la Défense reconnaissant qu’une corvette de classe Baynunah vendue par la société française CMN (Constructions Mécaniques de Normandie) aux Émirats Arabes Unis, ainsi qu’une frégate saoudienne, également d´origine française, 'participaient au blocus maritime' du Yémen.

La première vidéo, qui date d’octobre 2015, montre la corvette émiratie Al Dhafra abordant un bateau indien dans le détroit de Bab El-Mandeb, au sud-ouest du Yémen, tandis que dans la deuxième vidéo, d´octobre 2017, c’est la frégate saoudienne Al-Dammam 816 qui contrôle un pétrolier près du port de Hodeida, dans l’ouest du pays.

La plainte met en évidence la responsabilité de l’État français dans la grave crise humanitaire dont souffre la population yéménite, notamment causée par le blocus naval imposé par la coalition que dirige l’Arabie Saoudite.

Radio France a indiqué que le bureau du Premier ministre avait répondu à cette information en indiquant que la France a des contrôles à l’exportation de matériels de guerre stricts, transparents et responsables.

Le groupe de journalistes a également affirmé que c’était le premier épisode d’une série de révélations qu’il allait faire sur l’utilisation des armes françaises dans le monde.

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