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TIAR, l’épée de Damoclès sur le Venezuela

Par Yadira Cruz Valera

Caracas, 18 septembre (Prensa Latina) La signature d’un accord pour l’installation de la Table Nationale de Dialogue pour la Paix adopté lundi au Venezuela montre la vocation pacifiste d’un État qui voit aujourd’hui sa souveraineté menacée.


Fausse informations, tentatives d’attentat, menaces et activation du Traité Interaméricain d’Assistance Réciproque (TIAR) pour justifier une intervention militaire étrangère sont quelques-unes des actions les plus visibles d’une politique agressive menée par les États-Unis qui comme l´épée de Damoclès pend sur cette nation.

Après que, le 11 septembre dernier, le représentant devant l’Organisation des États Américains (OEA) de Juan Guaidó, président en charge autoproclamé, Gustavo Tarre, ait proposé l’activation du TIAR contre le Venezuela, les véritables intérêts de l’administration étasunienne de Donald Trump contre le pays ont été dévoilés.

Seule la dignité et les principes d’un groupe de nations ont détruit les intentions de la Maison Blanche de trouver au sein de la communauté internationale le soutien nécessaire pour commencer sa croisade et justifier ses plans guerriers, alors que de nombreuses voix s’élèvent ces jours-ci des endroits les plus reculés de la planète pour manifester leur rejet contre le TIAR.

La chancellerie vénézuélienne a immédiatement dénoncé la décision méprisable d’un petit groupe de gouvernements de la région qui, en accord avec les intérêts du Gouvernement suprémaciste des États-Unis, a invoqué l’activation d’un instrument aussi désastreux de l’histoire de notre continent.

Ce Ministère a rappelé l’histoire du TIAR en Amérique Latine et dans les Caraïbes, imposé par Washington à l’époque de la dénommée Guerre Froide, qui visait à légitimer les interventions militaires pour des raisons idéologiques, comme cela s’est produit au Guatemala en 1954, à Cuba en 1961, en République Dominicaine en 1965, à Grenade en 1983 et au Panama en 1989.

Ce lundi, dans un communiqué officiel, les Forces Armées Nationales Bolivariennes ont catégoriquement rejeté « l’activation fallacieuse et non avenue du Traité, provocation irrationnelle visant à légaliser une intervention militaire, dont le but est de renverser le gouvernement légitime du citoyen Nicolas Maduro, président constitutionnel du Venezuela ».

« Le TIAR est un instrument anachronique et fallacieux, un subterfuge conçu par l’empire nord-américain pour garantir ses propres intérêts hégémoniques. Toutefois, pendant la guerre des Malouines en 1982, les États-Unis n’ont pas hésité à trahir l’Argentine et à s’aligner sur le Royaume-Uni, ce qui montre la perte de légitimité et de validité de ce pacte », manifeste le communiqué.

Il y est également rappellé que ce sont ces raisons qui ont conduit le commandant Hugo Chavez à retirer le pays de cette entité, conjointement aux États membres de l’Alternative Bolivarienne pour l’Amérique Latine et les Caraïbes (Alba).

Lors de déclarations à Prensa Latina, Rogelio Polanco, ambassadeur de Cuba au Venezuela, a qualifié l’instrument d´ 'obsolète, interventionniste et agressif qui est passé à la poubelle de l’histoire comme méthode d’intervention contre les peuples'.

Des nations comme le Mexique, la Bolivie, la Russie et d’autres; des mouvements sociaux, des partis politiques et des personnalités mondiales ont dénoncé le véritable intérêt de l’OEA et des États-Unis par l’activation de ce traité.

Cuba a publié une déclaration rejetant la qualification du Venezuela comme 'une menace pour la paix et la sécurité dans l’hémisphère', et a souligné que c’est la doctrine interventionniste Monroe utilisée par la Maison Blanche et l’hostilité envers Caracas qui met réellement en danger la paix et la sécurité régionales.

Encore une fois, l’OEA discréditée est le véhicule de cette ignominie où un groupe digne de gouvernements s’est opposé à cette décision, rapporte le communiqué du Ministère des Affaires Étrangères insulaire.

Dans le même temps, le Président du Parlement du Marché Commun du Sud, Parlasur, Daniel Caggiani, a estimé qu’il s’agissait d’une action violant le droit international.

Le TIAR, signé au Brésil en 1947, stipule qu’une attaque armée contre un État américain sera considérée comme une agression contre tous les pays de la région, en conséquence, chacune des parties contractantes s’engage à exercer le droit de légitime défense individuel ou collectif reconnu dans l’Article 51 de la Charte des Nations Unies.

Une fois de plus, une nation est diabolisée et qualifiée de 'menace', dans une tentative grossière pour justifier une agression armée, comme cela a été autrefois le cas contre l’Irak, la Libye et d’autres pays, a déclaré à cette agence le journaliste vénézuélien Ivan Padilla.

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