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Les États-Unis et leur hostilité croissante envers la diplomatie cubaine

Par Ibis Frade Brito

Nations Unies, 23 septembre (Prensa Latina) Les procédures du pays hôte du siège des Nations Unies à New York, aux États-Unis, et les restrictions de plus en plus fréquentes et sévères qu’il impose au personnel diplomatique, sont contestées : Cuba, sa cible la plus récente.


Jusqu’à présent, il n’y avait pas de précédent de restrictions aussi sévères à l’encontre d’une délégation, bien que les autorités nord-américaines aient limité les mouvements des diplomates du Venezuela, de la Syrie, de la République Populaire Démocratique de Corée, de l’Iran et la Russie.

Jeudi dernier, sur Twitter, et bien que les mécanismes de discussion existent et fonctionnent, le gouvernement des États-Unis a fait état de l’expulsion de deux membres de la mission de Cuba auprès de l’ONU et de la restriction supplémentaire de la liberté de mouvement pour l’ensemble de cette représentation.

Tout cela se produisait juste un jour avant que le ministre des Affaires Étrangères de Cuba, Bruno Rodriguez, ne présente le rapport sur les dommages millionnaires que provoque chaque année à l’île l´embargo économique, commercial et financier de Washington.

Lors de sa comparution de vendredi dernier, le chancelier a assuré que ces récentes mesures des États-Unis sont injustifiées et illégitimes dans le but de calomnier les diplomates de la nation caribéenne, sa légation devant les Nations Unies et son pays.

Ces actions sont liées à des intérêts électoraux, a-t-il déclaré en assurant que Cuba y répondrait en temps voulu.

Il a de plus appelé la communauté internationale, les sièges diplomatiques aux États-Unis et le peuple de ce pays à s’associer au rejet de ces mesures.

L’ambassadeur cubain aux États-Unis, José Ramón Cabañas, a également attiré l’attention sur la 'synchronisation' avec laquelle ces faits se sont produits, se référant au fait que la délégation de l’île qui participera au débat de haut niveau de l’Assemblée Générale était attendue dans les heures suivantes.

« Par coïncidence », l’annonce de Washington a eu lieu le jour même où a été révélée une nouvelle étude qui nie la véracité de la prétendue attaque aux armes accoustiques contre le personnel diplomatique étasunien et canadien à La Havane.

Précisément, sur la base d’incidents de santé rapportés par des diplomates nord-américains à La Havane, le 29 septembre 2017, le Département d’État a annoncé le retrait de 60 pour cent du personnel de son ambassade à Cuba et a suspendu la délivrance de visas à sur place.

Quatre jours plus tard, l’entité fédérale a ordonné le départ de 15 fonctionnaires cubains du siège diplomatique de l’île à Washington.

L’incident de l’expulsion de deux diplomates cubains devant l’ONU et la plus grande restriction des mouvements ne peuvent être qu’un autre chapitre de cette escalade, déjà dénoncée par la mission de la plus grande des Antilles dans un communiqué.

Ils veulent également porter atteinte au prestige des diplomates cubains dans le monde entier et cherchent des prétextes pour fermer les ambassades bilatérales, note le texte.

C’est pourquoi la mission cubaine auprès de l’Organisation des Nations Unies a catégoriquement rejeté l’expulsion injustifiée de deux de ses diplomates et la recrudescence de la politique de restriction des déplacements de ses fonctionnaires accrédités auprès de l’ONU, à New York, et de leurs familles.

De même, ajoute le texte, ces mesures visent à justifier le renforcement du génocidaire blocus économique, financier et commercial contre le peuple cubain et cherchent à entraver la bataille que l’île mène contre celui-lui à l’ONU, au moment même où commence la soixante-quatorzième session de l’Assemblée Générale.

Le gouvernement des États-Unis cherche à porter atteinte au prestige de la diplomatie révolutionnaire cubaine en utilisant la calomnie vulgaire selon laquelle des fonctionnaires du pays caribéen ont commis des actes incompatibles avec leur statut, souligne le communiqué.

« Par ces actions, Washington renforce sa politique hostile contre l’île en se lançant ouvertement dans une course à la provocation et à l’ingérence contre Cuba, continuant d´ignorer que les principes de la diplomatie cubaine ne sont pas négociables », souligne la mission diplomatique.

Comme l’a déclaré vendredi le porte-parole du titulaire de l’ONU, Stéphane Dujarric, lors de sa conférence de presse habituelle de midi, le secrétariat de l’agence multilatérale suit de près cette situation.

La mission des États-Unis à l’ONU a informé vendredi dernier le secrétaire général, António Guterres, de ses récentes décisions, soi-disant prises en vertu de la section 13B de l’accord entre l’ONU et le pays hôte concernant la création du siège à New York.

Il a de plus déclaré à Prensa Latina que des questions comme celles-ci pouvaient être discutées avec le Comité du Pays Hôte à l’Assemblée Générale.

En 1947, les États-Unis et l’ONU ont signé un accord pour que New York serve de siège à l’agence multilatérale, et les autorités nord-américaines se sont engagées à ne pas imposer d’obstacles de transit à l’entrée ou à la sortie des diplomates accrédités.

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