Agence de Presse de l'Amérique Latine

Le blocus des États-Unis qualifié de punition collective contre Cuba

Par Antonio Rondón García

Saint-Pétersbourg, Russie, 2 octobre (Prensa Latina) Le blocus des États-Unis contre Cuba est un châtiment collectif, dont l’application est interdite par l’ONU et la Charte des Droits de l’Homme, a dénoncé hier le fondateur de la revue Le Monde Diplomatique, Ignacio Ramonet.


C’est ainsi qu’une société tout entière est punie, comme c’est le cas aujourd’hui avec la politique nord-américaine de siège appliquée contre Cuba et contre le Venezuela, a déclaré l’éminent publiciste lors d’un panel du IVème Forum Russo-Ibéro-américain, inauguré hier.

En raison de la recrudescence du blocus, les États-Unis font obstacle à l’arrivée de carburant à Cuba et la Russie conserve la capacité pour accomplir cette tâche, a estimé Ramonet, qui a mentionné dans ce contexte la visite que réalisera cette semaine sur l’île caribéenne le premier ministre russe, Dmitri Medvedev.

Tout cela se produit lorsque nous voyons un monde comme celui d’aujourd’hui, quand les abîmes sociaux s’élargissent, quand une trentaine de super-riches amassent une fortune qui dépasse les revenus d’environ quatre des presque huit milliards de personnes sur notre planète, a-t-il souligné.

Le spécialiste a déclaré que, tandis que les États-Unis appliquaient le blocus susmentionné à l’île, environ 800 millions de personnes, pour la plupart des femmes, étaient analphabètes, deux milliards sont au chômage et la moitié de l’humanité vit sans toilettes ou sans conditions sanitaires.

A cet égard, Ramonet, qui a dans le passé interviewé le dirigeant historique de la Révolution cubaine, Fidel Castro, a estimé que les révolutions sont faites pour sortir de la violence sociale, même si ces processus ne peuvent pas toujours obtenir tous les résultats souhaités.

Par ailleurs, il a déclaré qu’il fallait prêter attention à l’attitude et aux gestes de solidarité de Cuba envers d’autres pays et, à cet égard, il a souligné le travail de dizaines de milliers de médecins de l’île dans d’autres pays, ainsi que la formation de professionnels de santé de nations du monde entier dans cet État antillais.

Dans une autre partie du débat concernant les personnalités de Fidel Castro et Hugo Chávez, Ramonet a estimé qu’il n’y avait pas d’objectivité dans son état pur dans le journalisme.

L’objectivité prétend être guidée par la vérité. Mais qui définit cette vérité ? , s´est questionné le journaliste. Est-ce cette vérité est exhibée par CNN, Google, Facebook ou Twitter ? a-t-il demandé.

À cet égard, il a évoqué l’exemple du président colombien, Ivan Duque, qui, en pleine Assemblée Générale de l’ONU, a présenté des photos de la préparation supposée de guérilleros au Venezuela.

Mais ces photos étaient fausses, car des médias colombiens, y compris de droite, et l’agence de presse française AFP ont prouvé qu’elles avaient été prises en Colombie en 2014, a-t-il expliqué.

Alors, où est l’impartialité ?, a-t-il interrogé. Nous sommes en pleine guerre médiatique, commerciale et technologique, a estimé le fondateur du Monde Diplomatique, devant un auditoire composé en majorité de jeunes universitaires russes et de plusieurs académiciens présents à l’événement.

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