Agence de Presse de l'Amérique Latine

Des paiements revenant à un commerce au Canada sont bloqués pour utiliser du café cubain

Ottawa, 2 octobre (Prensa Latina) L’extraterritorialité du blocus imposé à Cuba par les États-Unis empêche aujourd’hui les propriétaires d’une entreprise à Toronto d’utiliser une technologie de paiement populaire au Canada simplement parce qu’ils vendent du café cubain.


Monica Mustelier, copropriétaire de Little Havana, a expliqué à CBC News qu’elle a contacté Square Canada depuis la fin du mois d’août, après que 14 mille dollars canadiens (plus de 10 5000 dollars) en paiements de clients ne soient jamais arrivés sur son compte bancaire.

Au début, ils pensaient que l’argent perdu était retenu à cause de problèmes techniques.

Selon Mustelier, la société lui a expliqué que pour traiter les paiements, ils emploient la banque étasunienne JPMorgan Chase & Co., et que celle-ci 'ne peut ou ne libérera pas les fonds' en raison de craintes concernant l’origine du café.

J’étais en colère parce que nous sommes une société canadienne qui utilise des produits cubains achetés et vendus légalement au Canada, a déclaré Mustelier à la presse.

De son côté, Valérie Jackson, responsable des communications à Square Canada, a confirmé 'que finalement ce n’est pas un problème technologique'.

Je tiens à préciser que Square ne rencontre pas de problème technique, a déclaré la responsable dans un courriel à CBC News.

« Cette implémentation extraterritoriale de l´embargo des États-Unis imposé à Cuba au Canada ne devrait pas avoir lieu », a écrit sur son compte Twitter, l’ambassadrice de La Havane à Ottawa, Joséphine Vidal.

Square est une entreprise canadienne ? a souligné la diplomate, ajoutant : « une autre raison pour exiger la levée de l´embargo ».

Les gouvernements successifs des États-Unis ont maintenu pendant près de 60 ans un blocus économique, financier et commercial contre la nation caribéenne, qui a causé des dommages d’une valeur de 922 milliards 630 millions de dollars au cours de cette période.

Les autorités de l’île ont dénoncé que la persécution de tout mouvement commercial, aussi minime soit-il, a caractérisé cette politique hostile et irrationnelle, renforcée cette année par l’activation du titre III de la loi Helms-Burton, votée en 1996 aux États-Unis.

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