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L´ancien président de la Colombie Alvaro Uribe cité à comparaître devant la Cour Suprême

Bogota, 8 octobre (Prensa Latina) L’ancien président colombien Álvaro Uribe (2002-2010) doit comparaître aujourd’hui devant la Cour Suprême de Justice (CSJ) dans le cadre de l’enquête ouverte contre lui pour participation présumée à des délits de corruption et de fraude procédurale.


Depuis le 16 août dernier, lorsqu’il a été établi que la Chambre d’Instruction de la CSJ avait programmé la comparution pour ce 8 octobre, différentes voix ont appelé à contrer ce qu’ils qualifient de calomnies et d’attaques lancées contre le sénateur Ivan Cepeda, reconnu comme victime dans ce processus judiciaire.

Le 16 février 2018, la Chambre a rejeté un acte d’accusation d’Uribe contre Cepeda au motif qu’il se serait rendu dans les prisons du pays pour rechercher des témoins à charge contre l´ancien président.

La Cour a examiné le dossier déposé contre Cepeda et a conclu que la plainte de l’ancien mandataire contre le député n’était pas recevable.

Parallèlement, la Cour a jugé qu’au contraire, c´était le sénateur Uribe, également chef du parti Centre Démocratique, qui aurait manipulé des témoins pour délégitimer le travail de Cepeda.

Par la suite, le 24 juillet 2018, le tribunal suprême a annoncé l’ouverture de l’enquête contre Uribe pour avoir prétendument exercé des pressions sur des personnes afin qu’elles changent leur témoignage à son encontre.

Pour Cepeda, 'la faiblesse de la défense du sénateur Uribe est telle que son principal argument est de qualifier de montage les actions que la CSJ a menées au cours des sept dernières années'.

Nous regrettons que, comme c’est souvent le cas lorsqu’il s’agit d’enquêtes impliquant le sénateur Uribe, sa famille ou ses alliés politiques, l’absence d’arguments juridiques de ses avocats est remplacée par des accusations mensongères contre la magistrature, et par l’intention de tromper l’opinion publique, a-t-il souligné.

La comparution a lieu 441 jours après que la Cour ait décidé, dans un fait sans précédent, d’ouvrir une enquête formelle contre l’ancien président, sur la base d’informations divulguées.

Environ 100 questions composent le questionnaire auquel l’Uribe devra répondre et la comparution pourrait durer trois jours.

Leon Valencia, directeur de la Fondation Paix et Réconciliation, a déclaré que quoi qu’il arrive après l’enquête, un précédent aura été créé.

Si la Cour Suprême décide que les éléments de preuve sont suffisants pour poursuivre le processus et finalement le poursuivre pour corruption et fraude procédurale, les portes seront ouvertes pour que les accusations sur le fond -qui l’impliquent dans la formation de groupes paramilitaires et d’homicides jusqu’aux massacres- méritent de réelles investigations, a-t-il précisé.

Même si la CSJ décide de classer le dossier parce que selon ses estimations Uribe n’a pas participé à la manipulation de témoins, la controverse continuera et les victimes et les témoins des actions de l’ancien président continueront à être motivés par ce premier appel à enquête, a-t-il souligné.

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