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Le Gouvernement condamne la mort d´un journaliste en marge des manifestations en Haïti

Port-au-Prince, 11 octobre (Prensa Latina) Le gouvernement haïtien a condamné aujourd’hui la mort d’un journaliste, en marge des mobilisations intenses qui secouent le pays depuis près d’un mois.


Sur son compte Twitter, le Ministère de la Culture et de la Communication a déclaré que Nehemie Joseph, de Radio Panic FM, avait été enlevé puis tué la veille à Mirebalais, à environ 55 kilomètres au nord-est de Port-au-Prince. Il a aussi présenté ses condoléances à la famille, aux amis et à la profession.

D’après la presse, Joseph a été touché par plusieurs projectiles à Parc Bayas et Mirebalais dans des circonstances suspectes.

Ils rapportent également que le journaliste a pris position ouvertement sur la crise sociopolitique actuelle, et a publié sur les réseaux sociaux des messages controversés qui attaquaient le gouvernement.

Joseph est le troisième journaliste assassiné dans le contexte des manifestations antigouvernementales qui se sont radicalisées ces derniers mois et demandent la démission immédiate du président Jovenel Moïse.

Depuis le 16 septembre, les mobilisations dans la capitale et d’autres provinces paralysent des secteurs clefs tels que l’économie, l’éducation, la santé, ainsi que les services de base, et, selon le Réseau National de Défense des Droits de l’Homme, 17 personnes sont mortes, bien que la police n´en ait confirmé que cinq.

Ce vendredi, des secteurs de l’opposition ont organisé une grande manifestation à Petion Ville, une zone d’affaires prospère depuis le tremblement de terre de 2010, pour forcer Moïse à démissionner, lequel a déjà décliné renoncer à son poste.

Entre-temps, le Gouvernement a nommé une commission de sept personnalités pour faciliter le dialogue national entre les différents secteurs du pays en vue de résoudre la crise actuelle.

Moïse, qui s’est adressé à la nation le 25 septembre, la seule fois depuis les récentes mobilisations, a assuré qu’il ne fuirait pas « ses responsabilités » et a appelé à une trêve historique.

Jusqu’à présent, cela ne s’est pas produit, et les analystes estiment que la crise risque de s’aggraver dans les jours à venir.

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