Agence de Presse de l'Amérique Latine

Isabel Allende démystifie le "paradis" économique du Chili

Madrid, 4 novembre (Prensa Latina) L’écrivaine Isabel Allende a aujourd’hui démystifié le prétendu paradis économique du Chili, présenté par diverses études, et a considéré son pays comme l’un des plus inégaux du monde, avec un système néolibéral hérité de la dictature.


Lors d’une conférence de presse à Barcelone, dans le nord-est de l’Espagne, elle a dénoncé le fait que les manifestations sociales dans la nation sud-américaine trouvent leur origine dans l’inégalité.

'Celui-ci (le Chili) apparaît dans les statistiques comme une oasis en Amérique Latine, mais les chiffres ne montrent pas la répartition des revenus, des ressources et les inégalités, parmi les plus élevées du monde', a-t-elle souligné.

« Le progrès économique du pays a été exalté et on dit que c'est le paradis, mais les chiffres cachent la répartition inégale des richesses et des opportunités », a réaffirmé Allende, qui reçoit ce  lundi à Barcelone le Prix International du Roman Historique Barcino.

Elle a rappelé qu’au Chili, un peur cent de la population possède 25 pour cent  de la richesse nationale, alors que 40 pour cent de ses compatriotes ne peuvent pas payer les services de base.

« Tout est privatisé par un système néolibéral imposé par la dictature d’Augusto Pinochet, selon la théorie économique de Friedman, des Chicago boys, qui a pu s’implanter violemment parce qu’il n’y avait pas de représentation des travailleurs », a  regretté Isabel Allende.

« Le capital a eu toute la liberté possible sans avoir le contrepoids démocratique des syndicats, des partis politiques, de la représentation citoyenne, et ce modèle, appliqué en 1980, a été maintenu pendant 30 ans par les gouvernements de la démocratie », a t- elle déploré.

Pour Allende, l’étincelle qui a déclenché les réclamations actuelles a été l’augmentation du prix du métro, donnant lieu à une protestation massive, de tous les âges et de toutes les classes, dans  laquelle  'les gens réclament, mais pas tant en raison de la pauvreté que de l’inégalité, qui est une insulte'.
 
En ce qui concerne les manifestations de masse dans les rues, l'écrivaine a estimé que c’était une surprise pour les politiciens, le gouvernement, l’opposition et le monde en général.

Lors de la conférence de presse, elle a également abordé d’autres thèmes d’actualité internationale tels que le changement climatique.

« Comment le président des États-Unis, Donald Trump, peut-il nier le changement climatique, avec ce que cela signifie en termes de politique, d’image, du message qu’il donne au monde », a-t-elle demandé.

« Seul un imbécile peut le nier », a estimé l'écrivaine.

Peo/rgh/edu