Agence de Presse de l'Amérique Latine

Pour un projet émancipateur : unité, solidarité et lutte permanente

Par Livia Rodríguez *

La Havane ; 7 novembre (Prensa Latina) La Rencontre anti-impérialiste, de Solidarité, de Démocratie et contre le Néolibéralisme, tenue récemment à La Havane, a confirmé la nécessité de l’unité, la fraternité et la lutte permanente des peuples face à l’impérialisme de plus en plus sauvage qui tente d’imposer sa domination sur le monde.


Comme l’a signifié le président cubain Miguel Diaz-Canel lors de la clôture, l’événement a abouti à un renforcement de ces clés dans la bataille pour la construction ensemble d’un projet émancipateur, antiimpérialiste et engagé dans l’intégration.

Face au premier secrétaire du Comité central du Parti Communiste cubain, Raúl Castro, auprésident du Venezuela, Nicolas Maduro, et devant les plus de mille délégués de près d’une centaine de pays, dont d’anciens dirigeants, des intellectuels et d’autres personnalités,Diaz-Canel a également appelé à mettre fin aux mensonges de l’impérialisme pour s’emparer des peuples.

Il a assuré que le président des États-Unis, Donald Trump, et son exécutif, attaquent les révolutions cubaine et bolivarienne, le Forum de São Paulo, le sandinisme, les leaders politiques de la gauche brésilienne, la Bolivie, l´Argentine et les mouvements sociaux, populaires, progressistes de toute la région.

À l’avant-garde des politiques impériales, avancent toujours les chars de l’offensive culturelle et symbolique visant à légitimer les injustices du système capitaliste, disqualifier les alternatives politiques de la gauche et détruire l’identité culturelle de nos nations comme étape préalable à leur déstabilisation, a-t-il précisé.

Il a souligné la participation à cette stratégie impérialiste de l’Organisation des États Américains (OEA), qui se consolide, a-t-il dit, en tant qu’instrument de pression politique de Washington et d’oligarchies qui défendent le néolibéralisme.

Le président cubain a également appelé à serrer les rangs contre le blocus que les États-Unis maintiennent depuis plus d’un demi-siècle contre l’île et a réaffirmé que la plus grande des Antilles continuera de l’affronter dans tous les domaines par le travail, la créativité, la résistance et sans renoncer au développement.

Il a précisé que l’administration de la Maison Blanche recourt actuellement à des pratiques de siège, de persécution et de sanctions contre des pays, des entreprises et des navires qui contribuent au transport de carburant vers Cuba.

De même, le dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro a loué la rébellion des forces révolutionnaires dans la région qui luttent pour des processus sociaux autres que la domination impérialiste.

Après une résistance acharnée, nous pouvons dire aujourd’hui que commence avec force une nouvelle situation géopolitique dans la région, a déclaré Maduro.

Il a estimé qu’il existe actuellement trois fronts de résistance : celui de l’Alba avec Cuba, le Nicaragua, la Bolivie, le Venezuela et les pays des Caraïbes; leprogressiste avec les présidents du Mexique, Andrés Manuel LópezObrador, et le tout récemment élu en Argentine, Alberto Fernández.

Le troisième front, selon l’homme d’État vénézuélien, est celui des mouvements populaires qui descend dans les rues du Chili, du Pérou, de l’Équateur, du Brésil et d’autres pays.

Puis il a condamné devant les participants à la Rencontre anti-impérialiste les efforts de la droite pour déstabiliser des pays comme la Bolivie, Cuba et le Nicaragua.

En ce qui concerne la Bolivie, il a fait observer qu’il existe une droite contaminée par les haines du racisme et a transmis les félicitations du président Evo Morales aux participants au rendez-vous de solidarité.

Maduro a souligné que l’attitude du leader de l’opposition Luis Fernando Camachoface à Morales démissionne n’est pas contre Evo, mais contre les peuples originaires de Bolivie.

Le chef de l’Etat sud-américain a également rappelé l’effort du leader de la Révolution cubaine, Fidel Castro, pour 'éclairer le chemin' alors que commençait à s’imposer le modèle de pensée unique dicté par le Fonds Monétaire International.

C’est Cuba qui a appelé le monde à débattre et à démasquer les mécanismes de domination économique, politique, culturelle qui se manifestent dans plusieurs régions, a-t-il commenté.

Lors de son discours, il a qualifié de honteuse la décision du président salvadorien NayibBukele d’expulser les diplomates vénézuéliens.

UNE DÉCLARATION COMBATIVE POUR LA JUSTICE

Comme résultat des intenses débats et réflexions qui ont eu lieu au cours des trois jours de la Rencontre anti-impérialiste, du 1er au 3 novembre, une déclaration finale a été adoptée sur les actions à déployer par la gauche, les mouvements sociaux, ainsi que par les forces progressistes et populaires pour la protection des droits des peuples.

Le document a inclus des stratégies visant à progresser vers une plus grande unité et à maintenir les actions pour, entre autres, exiger la liberté de l’ancien mandataire brésilien Luiz Inácio Lula da Silva.

Il a également été convenu d´une meilleure diffusion des pensées des dirigeants historiques des révolutions cubaines, Fidel Castro, et vénézuélienne, Hugo Chávez, en tant que référents des luttes progressistes pour la souveraineté.

Les participants ont convenus de la nécessité d’intensifier les activités pacifiques pour exiger la levée du blocus économique, commercial et financier imposé par les États-Unis à la nation caribéenne.

De même, ils ont réaffirmé leur appui aux processus démocratiques au Venezuela, en Bolivie et au Nicaragua, menacés par l’ingérence de Washington et de la droite internationale dans les affaires intérieures de ces pays.

Ils ont exprimé leur solidarité avec les justes causes de la Palestine et du peuple sahraoui, la décolonisation de Porto Rico et les luttes populaires contre le néolibéralisme au Chili, en Équateur, au Honduras, en Haïti et dans d’autres pays.

LULA LIBRE MAINTENANT !

Rassemblés au Palais des Congrès de La Havane, les délégués ont exigé la libération de l’ancien dirigeant brésilien Luis Inácio Lula da Silva, considéré comme un prisonnier politique, qui purge une peine d’emprisonnement injuste en raison des persécutions judiciaires dont sont victimes les dirigeants progressistes d’Amérique Latine et des Caraïbes.

En signe de l’accompagnement de Cuba aux justes causes du monde, le titulaire de l’Institut Cubain d’Amitié avec les Peuples, Fernando González, a remis à la présidente du Parti des Travailleurs (PT) du Brésil, Gleisi Hoffmann, plus de deux millions de signatures en faveur de la libération immédiate de Lula, recueillies sur l’île en moins de 15 jours.

Lors de la dernière séance, les participants à l’événement ont également reçu un message des membres du Réseau Brésilien pour la Défense de l’Humanité, dont l’ancien mandataire brésilien, de soutien à Cuba et à sa révolution.

'La Révolution cubaine est la preuve vivante que la période où les idées jouent un rôle singulier dans l’histoire n’est pas terminée', précise le document.

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*Journaliste de la rédaction nationale de Prensa Latina.