Agence de Presse de l'Amérique Latine

L´abstention de la Colombie lors du vote contre le blocus imposé à Cuba est condamnée

Bogota, 9 novembre (Prensa Latina) Les déclarations des dirigeants politiques de la Colombie, rejetant l’abstention du gouvernement national lors du vote jeudi dernier à l’ONU contre le blocus imposé par les États-Unis à Cuba, ne se sont pas faites attendre.


Par le biais du réseau social Twitter, l’ex-candidat présidentiel et membre du Parti Libéral colombien, Humberto de la Calle, a affirmé que la décision des autorités de Bogota de s’isoler de la communauté internationale concernant le soutien apporté à l’île des Caraïbes était maladroite.

« C’est une chose de réclamer actes au gouvernement cubain, avec ou sans raison. Mais l’embargo fait des ravages au sein de la population. Il s’agit d’un acte de solidarité humanitaire. La Colombie a commis une grave erreur en s’abstenant de voter contre l’embargo. Isolationnisme plus que maladroit », a écrit le leader politique sur la plateforme numérique.

Parmi les raisons avancées par la chancellerie colombienne, pour assumer cette abstention, figure le lien entre les gouvernements de la plus grande des Antilles et du Venezuela, et donc la prétendue 'menace à la sécurité nationale et régionale' que représente le président Nicolas Maduro.

À cet égard, le professeur de Relations Internationales de l’Université de Rosario, Mauricio Jaramillo, a souligné que la détermination exprimée jeudi à l’ONU laisse beaucoup à penser de l’administration d’Ivan Duque.

À cet égard, il a ajouté que 'de même que Cuba, il y a d’autres pays de la région comme le Mexique, l’Uruguay et maintenant l’Argentine qui ont des relations avec le Venezuela. Condamnerons-nous aussi ces pays? Ce que je vois, c’est que c’est une décision diplomatique purement idéologique', a ajouté le professeur dans ses déclarations au quotidien El Espectador.

Jaramillo a précisé que le vote marque un avant et un après en matière de politique étrangère avec l’île caribéenne, avec laquelle « on entretenait depuis plusieurs années une relation diplomatique sérieuse et objective ».

'La Colombie revient aux années où la politique étrangère était le reflet de la politique intérieure, ce qui est clairement une erreur', a souligné le professeur.

Concernant ce message envoyé, Jaramillo a indiqué qu’il est évident que Bogota aligne sa perspective internationale sur la position des États-Unis, ce qui pourrait signifier un isolement du reste de la région, point de vue partagé par l’ancien négociateur en chef du processus de paix entre le Gouvernement et les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie-Armée du Peuple (FARC-EP), Humberto de la Calle.

Par ailleurs, pour le Prix National des Droits de l’Homme 2019, Marco Romero, « attaquer le pays qui a le plus contribué à la paix en Colombie est une variante de la politique de l’actuel gouvernement nationale pour détruire les accords de paix ».

'Honte à la Colombie qui s’est abstenue lors du vote à l’ONU, tandis que 187 nations du monde ont voté contre le blocus économique imposé à Cuba; le pays qui a accueilli pendant des années nos dialogues de paix', a pour sa part manifesté sur Twitter le sénateur du Pôle Démocratique Alternatif, Ivan Cepeda.

Lors du vote de jeudi au sein de l’Assemblée Générale de l’organisme multilatéral, les abstentions de la Colombie et de l’Ukraine ont été enregistrées, alors que seuls les gouvernements des États-Unis, d’Israël et du Brésil ont voté contre la levée du blocus, s´isolant de la revendication de la majorité de la communauté internationale.

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