Agence de Presse de l'Amérique Latine

Le rapport de l’OEA sur la Bolivie est arbitraire et sans fondement, affirme le Celag

La Paz, 14 novembre (Prensa Latina) Le Centre Stratégique Latino-américain de Géopolitique (Celag) a aujourd’hui contesté le rapport de l’Organisation des États Américains (OEA) sur les élections en Bolivie et a affirmé que ce document manquait de preuves et de fondements techniques.


Le Celag, institution dédiée à la recherche et à l’analyse des phénomènes politiques, économiques et sociaux dans la région, a fait une étude du rapport que l’OEA a publié dimanche dernier au moment du coup d’État dans le pays sud-américain.

Le rapport préliminaire n’apporte aucune preuve qui pourrait être définitive pour démontrer la prétendue 'fraude' mentionnée par le secrétaire général de l´OEA, Luis Almagro, lors de la session du Conseil Permanent du 12 novembre, a averti l’entité.

Le Celag a dénoncé que l’OEA avait rédigé un rapport discutable pour induire en erreur l’opinion publique : le fait que l’écart en faveur d’Evo Morales dans la dernière tranche du décompte des voix s’est élargi pour des raisons frauduleuses et non pour les dynamiques de comportement électoral qui existent entre le monde rural et le monde urbain.

En outre, bien avant la fin du décompte officiel, la mission de l’Organisation des États Américains recommandait, sans aucune base technique, la tenue d’un second tour électoral comme la meilleure option.

Lors de l’élection présidentielle du 20 octobre, le candidat du Movimienta Al Socialismo (MAS), Evo Morales, s’est imposé avec 47,8 pour cent des voix, contre 36,51 pour cent pour l’opposant Carlos Mesa, de l’alliance Comunidad Ciudadana.

Cet avantage était suffisant pour le triomphe de Morales au premier tour, puisque -selon la loi électorale- un candidat gagne si il obtient 50 pour cent des voix plus un, ou s’il obtient 40 pour cent et a 10 points d’avance sur le deuxième candidat.

Cependant, bien avant la fin du scrutin, alors qu´il manquait le décompte de plus d’un million de voix dans les zones rurales, où Evo a toujours historiquement eu un large avantage, le candidat de Comunidad Ciudadana dénonçait une fraude présumée et l’OEA envisageait un second tour.

Le rapport de l’organisme hémisphérique introduit également des affirmations arbitraires, sans fondement technique, en utilisant le terme « inhabituel » pour caractériser le comportement des tendances des nouvelles données, a souligné le Celag.

'Il n’est pas « inhabituel » que Morales obtienne des taux de soutien d’environ 60 pour cent, voire plus, dans certaines régions du pays, et principalement dans les zones rurales des deux départements qui ont été enregistrés en derniers : Cochabamba et Oruro', a averti le Centre Stratégique Latino-américain de Géopolitique.

À cet égard, il a rappelé que lors des élections précédentes, tenues en 2014, le MAS avait obtenu en moyenne 84 % des voix dans les zones rurales.

L’ancien président bolivien Evo Morales a accusé l’OEA de se joindre au coup d’État qui a forcé sa démission le 10 novembre.

'L’OEA n’est pas au service des peuples latino-américains et encore moins des mouvements sociaux, elle est au service de l’empire nord-américain', a dénoncé Morales.

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