Agence de Presse de l'Amérique Latine

L´accord de partis politiques pour une nouvelle constitution est contesté au Chili

Par Rafael Calcines Armas

Santiago du Chili, 16 novembre (Prensa Latina) Le rejet de l’accord conclu par plusieurs partis pour une nouvelle constitution croît aujourd’hui au Chili où des organisations et des politiciens critiquent les pièges qu’il contient et sa rédaction à l’insu du mouvement social.


En témoigne la concentration, la veille, de centaines de milliers de personnes sur la Place Baqueno (appelée place de la dignité par les manifestants) qui ont protesté pacifiquement pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme un nouveau compromis entre partis. La manifestation a par la suite été brutalement réprimée par les forces spéciales des carabiniers.

Sur le plan politique, l’accord a créé un schisme au sein du parti d’opposition Convergence Sociale (CS) dont l’un des membres a signé le document, ce qui a provoqué la démission de 72 militants, dont le maire de Valparaiso, Jorge Sharp.

Une lettre signée par ce groupe indique que cet accord 'est fondamentalement contraire aux revendications que les manifestations ont formulées dans les rues'.

Le document ajoute que sa construction a été réalisée par un ensemble de directions de partis politiques et de parlementaires qui ne représentent pas la volonté majoritaire, et précise que les décisions prises par les instances supérieures de CS indiquent qu´il ne s´agit pas de l’espace qui permet de faire progresser comme il convient la politique de transformation démocratique.

Pour sa part, le président du Parti Progressiste (PRO), Camilo Lagos, a rappelé que cette force ne partageait pas les mécanismes et la façon dont l’accord avec la droite a été convenu, mais qu’il s’emploiera à parvenir à une convention constitutionnelle dans laquelle la souveraineté populaire sera pleinement représentée.

Des organisations telles que le Collège des Enseignants, la Centrale Unitaire des Travailleurs (CUT) et la Fédération des Ports du Chili ont exprimé dans deux communiqués leur rejet de l’accord.

Pour l´entité enseignante, celui-ci a été réalisé de la manière que la population rejette, dans laquelle 'les acteurs politiques les plus délégitimés de toute la société s’attribuent une représentation qu’ils n’ont pas', pour déterminer une sortie dans le dos du peuple mobilisé.

Les enseignants critiquent en outre le fait qu’il contient de graves défauts, tels que le droit de veto de la minorité qui obtient un tiers des délégués constituants et le système d’élection des membres de la Convention Constituante, qui privilégie la représentation des partis mais ne facilite pas une véritable représentation citoyenne.

Pour sa part, la CUT a appelé tous ses membres à être vigilants et a noté que l’absence de dialogue avec le mouvement social entame la légitimité de l’accord.

Dans le même temps, les autorités portuaires ont dénoncé le fait que l’accord ne faisait aucune référence à l’Agenda Social, les partis et les parlementaires ne considérant pas le mouvement social, et ont dénoncé l’invisibilité des violations des droits de l’Homme.

À cet égard, elles précisent qu’il n’est pas possible de parvenir à des accords si la justice, la vérité et les sanctions ne sont pas appliquées à l’égard des membres des forces de l’ordre et des militaires impliqués dans des actes de violence contre la population.

Cette fédération a également appelé à la poursuite de la mobilisation permanente, sans exclure la convocation d’une nouvelle grève générale en l’absence de réponses aux demandes économiques et politiques émanant des forces sociales.

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