Agence de Presse de l'Amérique Latine

Las violence une constante de la réalité colombienne

Par Masiel Fernández Bolaños *

Bogotá, 20 novembre (Prensa Latina) Chaque mois, chaque semaine et presque chaque jour de cette année, la violence a été une constante de la réalité colombienne.


Les menaces, les attentats, les enlèvements et les meurtres se sont répétés, faisant souvent des victimes parmi les membres des communautés autochtones, les dirigeants sociaux et les anciens guérilleros.

Tout cela a lieu trois ans après la signature de l’Accord de Paix entre l’État et l’ex-guérilla des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie-Armée du peuple (FARC-EP) et 16 mois après l’arrivée à la Maison de Nariño (siège de la présidence) du mandataire Ivan Duque.

Différentes voix s’accordent à dire que des centaines de dirigeants sociaux, indigènes et anciens guérilleros ont été tués depuis la signature de l’Accord, en même temps que se multiplient les appels à sa mise en œuvre intégrale dans le but de concrétiser une paix avec une justice sociale, stable et durable.

Dans le cas des communautés autochtones et d’ascendance africaine, ils insistent également sur la nécessité d’une présence intégrale de l’État sur leurs territoires, tout en s’opposant à l’existence de groupes armés, légaux ou illégaux, et exhortent à respecter leurs propres formes de défense.

LE CAUCA, L´UN DES DÉPARTEMENTS LES PLUS VIOLENTS

Concernant la persistance de la violence dans le département du Cauca, plusieurs voix dénoncent des éléments tels que l’illégalité et l’abandon de l’État.

La violence qui sévit dans nos territoires remonte à un certain temps et pour plusieurs raisons, a déclaré à Prensa Latina la dirigeante sociale Clémence Carabali, membre de l’Association des Femmes d’Ascendance Africaine du nord du Cauca.

Elle a indiqué que la zone était stratégiquement située parce que ce couloir du nord du Cauca permet d’accéder à l’intérieur du pays, mais aussi à la côte pacifique, à la côte caucasienne et au sud, ce qui permet le trafic de tous types d’éléments, légaux et illégaux.

De même, a-t-elle souligné, la biodiversité qu’elle possède, ainsi que les richesses minières, qu’il s’agisse de l’or, du pétrole ou du charbon, font que les yeux de nombreux investisseurs nationaux et étrangers sont rivés sur cette région.

D’autre part, a-t-elle estimé, le thème de l’abandon étatique est précisément complice de toutes ces situations parce que les gens n’ont pas la capacité et l’accompagnement technique juridique et économique pour développer une exploitation en harmonie avec l’environnement.

La plupart de personnes vivant dans un territoire très riche,  n’ont pas les moyens de l’exploiter rationnellement et dans le cadre de leur propre développement, comme le signalent les lois pour les communautés noires et pour les communautés indigènes, a précisé Carabalí.

À son avis, l´un des autres problèmes est le non-respect des engagements pris en faveur de l’Accord de Paix, ce qui a favorisé la détérioration des droits de la population dans notre région.

La dirigeante sociale a également souligné que la question de l’exploitation minière illégale fait beaucoup de dégâts sur le territoire, non seulement en endommageant la nature, mais également la vie des hommes et des femmes à cause de la pollution de l’air et de l’environnement.

Selon Rossi Jair Muñoz, défenseur du Peuple Régional du Cauca, le trafic de drogue, l’exploitation minière illégale et les récoltes  illicites figurent parmi les problèmes qui affectent l’ordre public dans cette région du sud-ouest de la Colombie.

Ces pratiquent affectent l’ordre public. Les habitants du Cauca sont des gens de paix. C’est une question que le Défenseur du Peuple au niveau national, Carlos Negret, a mis en lumière pour notre département. Nous voulons être un territoire de paix, a déclaré Muñoz à Prensa Latina.

À son avis, la présence des institutions est nécessaire. Regarder les institutions, c’est regarder à nouveau la campagne, nos paysans, nos indigènes; il faut encourager les récoltes  licites dans la région; atteindre la société par des voies de transport, des postes de santé, des collèges, a-t-il précisé.

C’est une composante qui fait partie de ce que le Défenseur du Peuple a demandé afin que nos communautés puissent vivre en paix et en tranquillité  dans cette région, a-t-il souligné.

Dans ces conditions, a-t-il souligné, nous mettons en garde sur l’importance d’être vigilant, il faut un système de prévention et de protection des droits de l’Homme.

Nous lançons un appel pour qu’il soit tenu compte des observations et recommandations que nous formulons dans nos alertes de la part des institutions, a-t-il souligné.

Le Bureau du Défenseur du Peuple a qualifié la situation de catastrophe humanitaire en raison des affrontements entre groupes armés illégaux pour s’emparer des routes du trafic de drogue et de l’exploitation minière illégale.

Dans ce contexte, le Conseil Régional Indigènes  du Cauca (CRIC) a indiqué que l’état d’urgence territorial demeurait en vigueur face aux actions violentes contre des membres des communautés autochtones.

Le CRIC a lancé un appel à toutes les structures de l’organisation autochtone et de la communauté en général pour qu’elles restent attentives et vigilantes.

Il a également alerté les organisations nationales et internationales de défense des droits de l’Homme sur les événements qui se produisent dans la région, qui ne se limitent pas à des menaces écrites mais à des persécutions et des morts.

Le Conseil a souligné que les menaces de mort que nous continuons de recevoir pour notre travail autonome de contrôle territorial ne répondent pas à un projet politique révolutionnaire, mais à l’ambition mesquine du trafic de drogue.

Parallèlement, l’Organisation Nationale Indigène de Colombie (ONIC) a déclaré l´urgence humanitaire pour la mort d’autochtones depuis la signature de l’Accord de Paix.

En ce qui concerne le déploiement de soldats ordonné par le Gouvernement face à la violence dans le Cauca, le Conseil a déclaré que 'nous savons déjà que la militarisation n’est pas la solution'.

LA VIOLENCE POLITIQUE

Les faits de violences et les demandes de garanties politiques ont précédé les élections régionales et locales du 27 octobre dernier.

La Mission d’Observation  Électorale (MOE) a précisé que 108 candidats avaient été victimes de violences du 27 juillet dernier au 21 octobre.

Les menaces, les enlèvements, les attentats et les assassinats ont été quelques-unes des manifestations malheureusement enregistrées.

Pendant le calendrier électoral, la Mission a suivi en permanence les violences subies par les candidats, les candidats présélectionnés, les hauts fonctionnaires de tous les territoires, les dirigeants politiques, les leaders sociaux et les membres des Conseils d’Action Communaux ont donné des détails dans un rapport sur la question.
 
Parallèlement, plusieurs partis ont dénoncé les attaques contre leurs candidats et ont demandé au Gouvernement des garanties pour poursuivre la campagne électorale.

La question est si complexe que, selon des enquêtes, l’insécurité est l’un des principaux sujets de préoccupation des colombiens.

Peo/arb/mfb

* Correspondante de Prensa Latina en Colombie