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2019 : année cruelle du blocus imposé à Cuba par les États-Unis

Par Orlando Oramas Leon*

La Havane, 3 décembre (Prensa Latina) L’année qui s’achève a été celle d’une escalade inédite dans le renforcement du blocus économique, financier et commercial que les États-Unis imposent à Cuba depuis près de six décennies.


C’est une période durant laquelle Washington s’est efforcé de faire le plus de dégâts possible à l’île, en particulier rendre la vie difficile à la population dans le but de provoquer le découragement et que les citoyens blâment leur gouvernement pour les privations dues au blocus.

En mai dernier, le président étasunien Donald Trump a décidé d’activer le chapitre III de la loi Helms-Burton, ce qui a déclenché des actions en justice contre des entreprises cubaines et de pays tiers accusées de « trafic » de biens nord-américains.

Il s´agit de l’une des mesures visant à décourager l’investissement étranger et à étouffer ainsi l’économie de la plus grande des Antilles, qui a besoin de la participation internationale pour décoller économiquement et poursuivre d’importants programmes de développement.

En juin, la Maison-Blanche a interdit les voyages touristiques et les croisières, de yachts et d´avions privés à destination de l’île, un obstacle direct au tourisme, l’un des principaux moteurs économiques et source de devises pour Cuba.

Le ministre du Tourisme, Manuel Marrero, a reconnu que les ports cubains ont ainsi cessé de recevoir plus d’un demi-million de croisiéristes.

Les terminaux de navires de croisière cubains ont été vidés, grâce à un paquet de mesure qui a également restreint les voyages culturels et éducatifs de contact avec le peuple cubain (connus sous le nom de Peuple à Peuple), affecté les services de transport, les envois de fonds, les banques, le commerce, entre autres dispositions.

Le Département du Trésor des États-Unis a ainsi annoncé des modifications au Règlement de Contrôle des Avoirs Cubains, considérant que Cuba continue de jouer un rôle déstabilisateur dans l’hémisphère occidental.

Le secrétaire du Trésor, Steven Mnuchin, a justifié cette attaque par l’argument que Cuba 'fournit un point de soutien communiste dans la région et soutient les adversaires des États-Unis dans des endroits comme le Venezuela et le Nicaragua en encourageant l’instabilité'.

Cette hostilité correspond au lancement du Mémorandum présidentiel sur la sécurité nationale signé par le Président Donald Trump le 16 juin 2017 et intitulé Renforcement de la politique des États-Unis envers Cuba.

À cela s’ajoute la liste noire qui comprend plus de 200 entreprises cubaines que la Maison Blanche empêche unilatéralement de faire des transactions avec des sociétés d’autres nations.

En outre, les amendes infligées par les États-Unis à des banques et entreprises étrangères, pour la plupart européennes, pour leurs opérations avec Cuba, en dépit du fait qu’elles sont des entreprises de pays alliés de Washington, se chiffrent à plusieurs millions de dollars.

Le Gouvernement de Donald Trump prétend agir en faveur de la démocratie à Cuba et de son peuple, mais ses actions sont particulièrement dirigées contre la population cubaine, y compris le secteur émergent de l’économie non étatique ou à son compte, comme on l’appelle ici.

Il s´est également lancé contre le secteur académique et les universités, les centres de recherche scientifique, les églises et d’autres secteurs auxquels il a érigé un mur pour empêcher les contacts avec ses homologues étasuniens.

En septembre et une partie du mois d’octobre, l’île des Caraïbes a souffert de ce que le président Miguel Diaz-Canel a qualifié de conjoncture énergétique.

Cuba a souffert d’une pénurie de carburant en raison de la rupture du cycle normal d’arrivée de pétroiliers à cette date.

L’administration Trump n’a pas caché ses sanctions, ses menaces et ses pressions sur les compagnies maritimes et les compagnies d’assurance.

Dans ce cadre, la Maison Blanche a puni les entreprises cubaines Cubametales et la Corporacion Panamericana S.A pour leurs achats de carburant. Le plan était, et continue d’être, d’éteindre Cuba.

Le gouvernement caribéen, à divers niveaux et avec la participation active de la population, a pris des mesures d’économie et de réorganisation qui ont maintenu le pays, en particulier les services de base, mais les dommages économiques, indéniables, n´ont pas encore été divulgués.

Ce que l’on sait, c’est combien le blocus a coûté à Cuba d’avril 2018 à mars 2019. Au cours de cette période, les pertes cubaines se sont élevées à 4 milliards 343,6 millions de dollars.

Cela a été consigné dans un rapport officiel présenté par La Havane à l’Assemblée Générale des Nations Unies, qui a adopté, à une écrasante majorité, une résolution demandant, pour la vingt-huitième fois consécutive, la levée du siège imposé à Cuba.

À la fin décembre, les dommages causés par la guerre économique que les États-Unis mènent contre Cuba depuis près de 60 ans auront dépassé 138 milliards 843,4 millions de dollars, ce qui explique qu’il s’agit du blocus le plus long et le plus cruel de l’histoire.

*L’auteur est à la tête de la Rédaction Nationale de Prensa Latina

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