Agence de Presse de l'Amérique Latine

Les États-Unis enverront au Guatemala des demandeurs d’asile mexicains

Washington, 7 janvier (Prensa Latina) Le gouvernement étasunien enverra au Guatemala des ressortissants mexicains arrivant à la frontière sud en quête d’asile, dans le prolongement d’un programme controversé sur le sujet, a annoncé aujourd’hui le site numérique Buzzfeed.


D’après le site web, il a eu accès à des documents indiquant que, ces derniers jours, un guide a été envoyé par courriel aux responsables de l’asile dans tout le pays pour préciser comment les mexicains seront inclus dans un processus qui a commencé fin novembre dernier.

Sur la base d’un accord négocié en juillet dernier entre l’administration de Donald Trump et le gouvernement du président sortant du Guatemala, Jimmy Morales, les fonctionnaires de l’immigration des États-Unis peuvent envoyer des migrants qui demandent l’asile à la frontière sud dans cette nation centre-américaine.

Le média a indiqué qu’à la fin de 2019, 43 demandeurs d’asile d’El Salvador et du Honduras avaient été transférés au Guatemala en vertu de ce pacte, ajoutant que le plan, initialement limité aux adultes, a été étendue à des noyaux familiaux à partir du 10 décembre.

Selon la publication, un porte-parole du Département de la Sécurité Nationale a confirmé que certains mexicains qui souhaitent une protection humanitaire aux États-Unis peuvent maintenant être transférés au Guatemala et « avoir la possibilité d’y chercher protection ».

L’exécutif des États-Unis applique depuis près d’un an la politique connue comme 'Rester au Mexique', pour que les demandeurs d’asile qui arrivent aux frontières nord-américaines soient renvoyés dans ce pays en attendant que leur cas soit traité.

Toutefois, le droit international interdit que ceux qui demandent une telle protection soient renvoyés dans leur lieu d’origine en raison des craintes qu’ils puissent être poursuivis, ce qui serait à l’origine de la décision d´envoyer les mexicains au Guatemala.

L’administration Trump, qui a pour priorité de réduire à la fois l’immigration clandestine et l’immigration légale, soutient que ce type de stratégie est essentiel pour dissuader les personnes qui veulent arriver sur le territoire nord-américain.

Mais, selon Buzzfeed, les défenseurs des droits des immigrants, et même des responsables de l’asile, ont déclaré au média que le plan, qui n´a aucun précédent, n’était ni légal ni organisé, et qu’il mettrait les demandeurs en danger.

« Le Mexique est dangereux, le Guatemala l´est encore plus. Cette extension de l’accord continue d’empêcher les requérants légitimes d’être entendus aux États-Unis et les envoie dans le système guatémaltèque, qui compte une douzaine d’employés », a manifesté au média un fonctionnaire.

« L’asile aux États-Unis n’est désormais pratiquement disponible que pour les personnes riches et suffisamment privilégiées pour obtenir des visas, et exclut de nombreux groupes plus vulnérables qui veulent de l’aide à nos frontières », a ajouté cette source.

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