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Critiques à l’encontre du gouvernement chilien pour l´annonce d´une mesure restrictive

Santiago du Chili, 13 janvier (Prensa Latina) De nombreuses critiques ont été émises à l´encontre du Gouvernement chilien au sujet de la présentation d’un projet de loi visant à réglementer le droit de réunion dans le pays.


La controverse a été déclenchée par une interview publiée ce dimanche par le quotidien El Mercurio au ministre de la Justice, Hernán Larraín, qui a annoncé qu’au cours de ce premier semestre de l’année, ils espèrent présenter cette initiative, à laquelle participent des sous-secrétaires à la Justice et aux Droits de l’Homme.

Le titulaire a fait valoir pour l’application de cette mesure que le droit de réunion était réglementé par un décret des années 1980, mais il a fait observer que ce n’était pas la manière de réglementer une garantie constitutionnelle.

À ce sujet, la députée communiste Karol Kariola a déclaré sur son compte Twitter qu’il s’agissait d’une nouvelle tentative du gouvernement de restreindre les droits de la population. Dans le même temps, la députée Claudia Mix, membre du parti d’opposition Partido Comunes, a également estimé que ce type de projets ne visait qu’à soutenir juridiquement les stratégies restrictives des autorités.

L’avocat constitutionnel Tomas Jourdain a quant à lui déclaré aux médias que puisque le droit de réunion est le seul qui n’est pas réglementé par la loi, il est normal que le gouvernement ait cette initiative.

Cependant, le président de la commission de la Constitution, de la Législation et de la Justice de la Chambre des Députés, Matias Walker, de la Démocratie Chrétienne, a affirmé que le gouvernement cherchait à affaiblir le système des droits de l’Homme.

Des analystes constatent qu’il est frappant que cette initiative soit lancée du Palais de La Moneda (siège de l´Exécutif) à un moment où les autorités sont sérieusement critiquées, en particulier l’intendant de la région métropolitaine, Felipe Guevara, pour avoir voulu empêcher les rassemblements de protestation sur la Place de la Dignité dans cette capitale.

Alvaro Elizalde, président du PS, a déclaré que sous prétexte de réglementer le droit de réunion, le gouvernement veut imposer des restrictions supplémentaires à la libre expression de la citoyenneté et ne comprend pas que les manifestations ne soient pas évitées par des réglementations antidémocratiques, mais en donnant des réponses aux revendications citoyennes.

Catalina Pérez, présidente de la Révolution Démocratique, a également averti que si l’on « cherche à restreindre les quelques garanties dont disposent les manifestants, nous ne serons pas disponibles pour soutenir le projet ».

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