Agence de Presse de l'Amérique Latine

Plus de 46 mille migrants attendent au Mexique l’asile aux États-Unis

Le Mexique, 31 janvier (Prensa Latina) Plus de 46 mille migrants, principalement d’Amérique Centrale, sont bloqués au Mexique dans l’attente d’une réponse d’asile de la part des États-Unis, a révélé hier le quotidien Milenio.


Ce média rappelle qu’un an après l’entrée en vigueur du Protocole sur la protection des migrants (MPP), par lequel les États-Unis envoient les demandeurs d’asile au Mexique en attendant la résolution de leur dossier, le gouvernement fédéral a reconnu avoir reçu environ 46 mille centraméricains.

Cependant, des organisations de la société civile ont confirmé, avec les propres données officielles, que ce chiffre dépasse 62 mille concernant 20 nationalités, dont 187 seulement ont réussi à gagner leurs procès devant les tribunaux de l’immigration nord-américains, soit 0,3 %.

La restitution de migrant a eu lieu dans certains des endroits où le taux de violence est le plus élevé dans le pays et où les capacités institutionnelles n’ont jamais été en mesure de garantir les droits fondamentaux de ces migrants confrontés aujourd’hui à l’indigence et à l’insécurité, indique le journal.

Nous ne pouvons cesser d´être surpris par le fait que, les autorités ayant elles-mêmes reconnu que ces lieux sont extrêmement violents, elles acceptent également d’accueillir des personnes dont les droits de l’Homme sont violés, a déclaré Carolina Jiménez, Directrice adjointe de recherche pour les Amériques d’un institut régional.

Selon elle, 816 cas de migrants qui ont été victimes d’un catalogue varié de violences allant de l’enlèvement, du vol, du viol, de l’exploitation au travail et à la perte de la vie ont été documentés.

Un exemple en est celui d’une jeune hondurienne de 28 ans, nommée Gisela, qui a été renvoyée par le poste frontière de Ciudad Juárez, où elle a été enlevée pour devenir une esclave sexuelle juste après avoir quitté les bureaux de l’Institut national des migrations.

Gretchen Kuhner, directrice de l’Institut pour les femmes dans les migrations, a attiré l’attention sur les effets de ce programme étasunien sur les familles migrantes qui décident aujourd’hui d’envoyer leurs enfants seuls aux États-Unis, puisque jusqu’à présent seuls les mineurs non accompagnés évitent d’être soumis à ces retours.

Face à cette situation, elle a jugé essentiel que le Mexique élabore une politique nationale de refuge pour accueillir toutes ces personnes qui fuient des situations de violence dans leur pays d’origine et pas seulement le chômage.

«Nous sommes face à une situation de crise, dire le contraire c’est ne pas comprendre les victimes, ce qu’elles affrontent au Mexique lorsqu’elles sont renvoyées et les raisons pour lesquelles elles ont quitté leur pays », a-t-elle déclaré.

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