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Entretien avec un expert des droits de l’Homme au sujet des sanctions imposées au Venezuela

Genève, Suisse, 28 février (Prensa Latina) L’expert en droits de l’Homme et ancien rapporteur de l’ONU, Alfred de Zayas, a condamné hier l’imposition de mesures coercitives unilatérales au Venezuela et mis en garde contre les graves effets de ces mesures pour le peuple de ce pays.


Lors d´un entretien accordé à Prensa Latina, de Zayas a affirmé que les sanctions et le blocus financier appliqués par les États-Unis à ce pays étaient contraires à la Charte des Nations Unies, aux résolutions de l’Assemblée Générale et au droit international.

Il a également critiqué la manipulation par les grands médias de la situation au Venezuela et la diffusion d’informations fausses ou incomplètes dans le but de justifier les agressions contre la nation sud-américaine.

La crise humanitaire est un terme technique et très dangereux, utilisé dans ce cas pour affirmer la nécessité d’une protection et d’une intervention militaire. C’est la stratégie des États-Unis et de leurs marionnettes comme Juan Guaidó, a-t-il souligné.

Il a ajouté que 'la société vénézuélienne serait heureuse si les sanctions étaient levées, si le pays pouvait acheter et vendre comme n’importe quel autre État dans le monde'.

Cette nation est extrêmement riche. Elle possède l’une des plus grandes réserves de pétrole et d’or du monde. Les États-Unis ne lui vendent pas la technologie nécessaire pour exploiter ces ressources et pénalisent ceux qui le font. Son objectif est d’asphyxier son économie, a-t-il ajouté.

Par ailleurs, il a mis en garde contre les graves conséquences de ces agressions sur la santé et le bien-être de la population.

Les sanctions tuent car elles entraînent directement l’interruption ou la fin de l’approvisionnement en intrants et en médicaments. La situation des vénézuéliens s’améliorera lorsqu’ils ne seront pas assiégés, a-t-il déclaré.

Il a également indiqué que 'si les sanctions étaient identifiées par la Cour Pénale Internationale (CPI) comme des crimes contre l’humanité, il serait alors plus difficile pour des États comme le Canada, le Royaume-Uni et la France de continuer à les justifier'.

À cet égard, il a estimé que la présentation du ministre des Affaires Étrangères du Venezuela, Jorge Arreaza, d’une plainte devant la CPI, concernant les agressions de l’administration nord-américaine contre la nation bolivarienne afin de forcer un changement de gouvernement par la voie inconstitutionnelle, était très pertinente .

De Zayas a également critiqué la vision manipulée et sans fondement des experts, des médias et des rapporteurs de l’ONU sur le Venezuela.

Malheureusement, tous les rapporteurs ne sont pas indépendants et ne font pas de recommandations constructives. Les responsables de violations des droits de l’Homme de premier ordre, comme les États-Unis, ne peuvent pas être crédibles, a-t-il souligné.

En outre, il a assuré que son rapport sur le Venezuela, établi à la suite d’une visite à Caracas en 2017, avait été réduit au silence et oublié par le Conseil des Droits de l’Homme parce qu’il ne correspondait pas aux intérêts des opposants à l’administration de Nicolas Maduro.

L’idée est de faire tomber Maduro pour mettre en place la marionnette Juan Guaidó. Le néolibéralisme, la privatisation et la vente des richesses du pays à des transnationales étrangères débarqueront alors dans ce pays, a-t-il averti.

Le public a besoin d’informations véridiques et objectives. Le peuple vénézuélien souffre sous des sanctions draconiennes et tous ceux qui subissent des mesures coercitives unilatérales méritent notre solidarité, a-t-il affirmé.

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