Agence de Presse de l'Amérique Latine

De nouvelles révélations secouent l’armée colombienne

Bogota, 3 mai (Prensa Latina) La revue colombienne Semana a révélé vendredi que l’armée a exécuté un programme de suivi informatique qui visait des journalistes, des politiciens, des généraux, des syndicalistes et des organisations non gouvernementales.

 Certaines unités de l’armée ont exécuté pendant plusieurs mois l’un des cas d’espionnage les plus délicats dans l’histoire récente du pays, a précisé le média dans son rapport spécial intitulé Les dossiers secrets.

Entre février et les premiers jours de décembre de l’année dernière, les activités de plus de 130 citoyens ont été la cible de ce que les militaires ont appelé 'profiles' et 'travaux spéciaux', a-t-elle noté.

Sur la base des informations divulguées, ces missions, au moyen d’outils informatiques et de logiciels, ont procédé à des recherches et ont recueilli de manière massive et aveugle toutes les informations possibles sur leurs objectifs afin de produire des rapports de renseignement militaire.

Les téléphones, les adresses de domicile et de travail, les courriels, les amis, la famille, les enfants, les collègues, les contacts, les infractions routières et même les bureaux de vote font partie de ces profils, a ajouté la revue.

Semana a indiqué détenir des dizaines de ces documents et a interrogé pendant des semaines plus de 10 sources, dont beaucoup ont participé à cette opération qui a inclus au moins 130 personnes, parmi des journalistes, d’anciens ministres, des fonctionnaires de la présidence, généraux, politiques et syndicalistes, entre autres.

Elle a également précisé que cette espèce d’espionnage informatique s’est produit entre février et début décembre 2019 lorsque le général Nicacio Martínez, qui a démissionné de ses fonctions en décembre, commandait l’armée (au milieu de scandales récurrents impliquant cette institution).

Le magazine a souligné que plusieurs membres du Collectif José Alvear apparaissaient dans les dossiers, dont certains étaient les avocats des victimes de faux positifs (exécutions extrajudiciaires) ou intentent des procès contre des généraux à la retraite accusés de ces pratiques.

Ces travaux ont également inclus des dirigeants du mouvement syndical. C’est le cas de Humberto Correa, secrétaire aux droits de l’Homme de la Confédération générale des travailleurs.

Il y a aussi des membres de certains partis politiques comme les sénateurs Gustavo Bolivar, Angelica Lozano et Antonio Sanguino, entre autres, qui ont été « suivis » dans le cadre de ces actions illégales.

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