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L’ONU appelle à modifier le décret contre la liberté d’expression en Bolivie

La Paz, 13 mai (Prensa Latina) La Mission en Bolivie du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme a appelé aujourd’hui le gouvernement de transition à modifier un décret qui criminalise la liberté d’expression dans le contexte de la pandémie de Covid-19.

 Le bureau adjoint de l’organisme multilatéral a estimé que la réponse pénale à l’exercice de la liberté d’expression était excessive en tant que moyen de lutter contre la désinformation dans le cadre de l’urgence due au Covid-19.

Pour sa part, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet, a souligné qu’au lieu de menacer les journalistes ou d’étouffer les critiques, les États devraient encourager un débat sain sur la pandémie et ses conséquences.

Elle a souligné que le décret suprême 4231 sur la diffusion d’informations pendant la pandémie devait être modifié afin de ne pas criminaliser la liberté d’expression et de le rendre pleinement compatible avec les obligations internationales de l’État.

Le 7 mai dernier, la présidente autoproclamée par intérim, Jeanine Añez, a promulgué le décret suprême précité qui modifie la portée de deux précédents décrets sur l’exercice de la liberté d’expression.

Il vise à prévenir la désinformation écrite, imprimée ou artistique, sous couvert de la déclaration d’urgence sanitaire et de quarantaine totale en raison de la pandémie de Covid-19.

Ce décret a suscité une vague de critiques parce qu’il limite la liberté d’expression dans le pays, qui était déjà plus que limitée depuis le coup d’État du 10 novembre dernier.

À la suite du coup d´État contre le gouvernement d’Evo Morales (2006-2019), le gouvernement de facto a censuré plus de 50 stations communautaires, plusieurs journaux et chaînes de télévision, et en a même démantelé plusieurs.

Ce lundi, l’Association des journalistes de Bolivie et l’Association des journalistes de La Paz ont rejeté le décret et ont demandé sa suppression car, selon eux, il prévoit une restriction sévère, inconstitutionnelle et non conventionnelle, en criminalisant le droit fondamental à la liberté d’expression.

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