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Lula met en garde contre un possible coup d’État militaire au Brésil sous le mandat de Bolsonaro

Brasilia, 29 mai (Prensa Latina) L’ancien président Luiz Inácio Lula da Silva a alerté aujourd’hui sur la possibilité d’un coup d’État militaire au Brésil sous le gouvernement du mandataire d’extrême droite Jair Bolsonaro, après ses déclarations contre la Cour suprême fédérale (STF).

'Un avertissement aux démocrates du Brésil : les putschistes ont déjà posé un pied sur notre balcon; s’il n’y a pas de réaction, ils enfonceront notre porte', a dénoncé le fondateur du Parti des travailleurs sur le réseau social Twitter.

Lula a ainsi réagi à la harangue de Bolsonaro, qui a critiqué hier matin l’action de la Police Fédérale (PF) dans le cadre de l’enquête du STF contre les fausses informations (fake news).

'Les choses ont une limite, hier c’était le dernier jour', a menacé le mandataire, qui a considéré qu´une nouvelle « journée triste » s´était écoulée, en allusion à la « croisade » d´agents contre plusieurs de ses alliés pour exécuter 29 mandats de perquisition et de saisie sur ordre d’Alexandre de Moraes, ministre du STF.

L’opération fait partie d’une enquête ouverte par le président de la cour suprême, Antonio Dias Toffoli, pour enquêter sur la diffusion de fausses informations et les atteintes à la démocratie sur les réseaux sociaux.

'Je répète, nous ne vivrons pas un autre jour comme celui d´hier. C’est suffisant. Nous avons atteint la limite', a insisté Bolsonaro.

Face à ces faits, l’un des fils du président, le député Eduardo Bolsonaro, a indiqué de son côté dans une interview qu’il ne s’agit pas de discuter si un 'moment de rupture' se produira au Brésil, mais quand il se produira.

La PF suit également la participation d’un autre fils du chef de l’État, Carlos Bolsonaro, dans un réseau de fausses informations.

Ce mois-ci, la députée Joice Hasselmann a accusé les deux fils du président d’être les principaux coordinateurs d’un schéma d’attaques et de diffusion de rumeurs sur des plateformes numériques.

'Eduardo est très impliqué et c’est l’un des leaders de ce groupe que nous appelons la « milice virtuelle ». Carlos et Eduardo sont les meneurs, les mentors', a précisé la législatrice, ancienne alliée du mandataire et ex-porte-parole du gouvernement au Congrès.

Elle a insisté sur le fait qu’il existe un 'bureau de la haine' qui, selon elle, est coordonné par Carlos et Eduardo pour diffuser les dénommées fake news contre des opposants politiques.  

'Je veux croire que le président n´est pas au courant (des attaques orchestrées), a-t-elle souligné.

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