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La construction d’une base militaire effraie des Camerounais

Yaoundé, 29 mai (Prensa Latina) Des habitants du village de Ngarr-Buh, dans le nord-ouest du Cameroun, ont fui hier leurs logements après que les militaires eurent commencé à construire une base militaire cette semaine.

Les autorités affirment que la base est nécessaire pour empêcher les séparatistes de se ravitailler au Nigéria voisin, mais les villageois craignent d’être attaqués ou pris entre deux feux.

En février dernier, au moins 13 civils ont été massacrés par les propres militaires, ce qui a créé une panique parmi la population locale.

Des groupes de défense des droits camerounais et des partis politiques d’opposition ont critiqué l’installation de la base, qui, selon eux, ne fera qu’accroître les tensions avec les villageois.

À ce jour, on estime que plus de 300 personnes ont fui Ngarr-Buh la semaine dernière.

Bien que les troupes aient tué des civils, comme l’a reconnu le porte-parole du gouvernement du Cameroun, René Emmanuel Sadi, la plupart des atrocités dans la région ont été commises par les séparatistes, a-t-il affirmé.

Sadi a déclaré que les troupes sont là pour protéger les civils contre les rebelles, qui volent, violent et kidnappent pour demander une rançon et rendent la vie très difficile dans les régions anglophones du Cameroun.

Le président du Cameroun, Paul Biya, a ordonné en avril l’arrestation des troupes qui ont tenté de cacher les morts en brûlant des maisons et en présentant un faux rapport, après avoir nié les événements dans un premier temps.

Les séparatistes luttent depuis 2017 pour construire un État anglophone indépendant de la majorité francophone du Cameroun, et selon les Nations Unies les combats ont coûté la vie à plus de trois mille personnes et ont forcé un demi-million d´autres à fuir vers des régions francophones ou vers le Nigeria voisin.

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