Agence de Presse de l'Amérique Latine

Week-end de violence contre les leaders sociaux en Colombie

Bogota, 29 juin (Prensa Latina) Une vague d’assassinats de leaders sociaux a marqué le week-end en Colombie ce qui, de l’avis de beaucoup, menace aujourd’hui l’Accord de paix final.

Salvador Jaime Durán, leader paysan, a reçu cinq balles dans le camp de Filoguamo (Teorama), dans la région du Catatumbo, tirées par des soldats de l’armée.

Dans le même temps, Ovidio Baena, militant de Colombie Humaine, dirigeant des travailleurs pétroliers a été assassiné à Macayepo, territoire de Montes de María.

Selon le sénateur de cette force politique Gustavo Petro, 'l’armée refuse de reconnaître que la zone de Montes de Maria est aux mains des paramilitaires du clan du Golfe et San Onofre '.

Javier Uragama, un jeune gouverneur indigène de 22 ans d’Agua Clara, dans le Bajo Baudó, département du Chocó, a également été retrouvé mort et torturé.

Puis l’assassinat de Yeffer Yoanny Vanegas a été perpétré hier dans la juridiction de Cachicamo, région du Guayabero située entre les départements du Meta et du Guaviare.

Il s’agit d’un ancien membre des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie-Armée du Peuple (ancienne guérilla des FARC-EP ayant rendu les armes) et chef de file des paysans qui exigent la mise en œuvre du plan de substitution des cultures illicites, comme le prévoit le point 4 de l’Accord final conclu à La Havane, à Cuba, il y a près de quatre ans. 

Puis Miriam Vargas, leader indigène travaillant pour la paix à Páez (Cauca), a également été assassinée ce week-end.

Pour Victoria Sandino, sénatrice du Parti de la Force Alternative Révolutionnaire du Commun, 'ces crimes sont de la responsabilité de l’État qui ne garantit la vie de ceux qui exercent le leadership social dans le pays'.

Nous avons besoin de savoir ce qui s’est passé, qui a donné l’ordre et que l’histoire ne se répète pas, a souligné la sénatrice sur son compte Twitter.

Face aux récents actes de violence qui auraient été perpétrés par des paramilitaires, des clans et des membres de l’armée, Sandino insiste sur la nécessité de mener en Colombie un débat approfondi sur la doctrine militaire.

peo/Jha/otf