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La manœuvre des États-Unis au sein de la BID dénoncée au Pérou

Lima, 30 juin (Prensa Latina) Un ancien chancelier et un ex-conseiller présidentiel péruviens ont dénoncé la volonté du gouvernement de Donald Trump d’imposer l’extrémiste anticubain Claver Carone comme président de la Banque Interaméricaine de Développement (BID).

L’ancien ministre des Affaires Étrangères Rafael Roncagliolo a estimé que la candidature de Carone apparaît comme une nouvelle pulsion impériale après l’assassinat de l’afro-américain George Floyd et les incitations racistes du président Donald Trump.

« Le sens est évident : Claver Carone représente le lobby cubain aux États-Unis et était farouchement opposé à la politique de Barack Obama en ce qui concerne Cuba », note Roncagliolo.

Adrianzén, pour sa part, a estimé qu’il n’était pas étrange que Trump prétende que la BID ait pour la première fois un président nord-américain.

« Le pire, c’est que ce candidat soit Mauricio Claver Carone, conseiller à la sécurité nationale pour l’Amérique Latine à la Maison Blanche, membre de l’extrême droite et du lobby anticubain, tout un Faucon », a-t-il manifesté.

Roncagliolo a cité la déclaration des anciens présidents Fernando Henrique Cardozo, du Brésil, Juan Manuel Santos, de la Colombie, Ricardo Lagos, du Chili, Ernesto Zedillo, du Mexique, et Julio María Sanguinetti, de l’Uruguay, contre la candidature étasunienne.

La déclaration conjointe rappelle l’engagement du président de l’époque, Dwight Eisenhower, devant l’Assemblée Générale de l’ONU, en août 1958, de faire de Washington le siège de la BID et de son président un latino-américain.

L’ex-chancelier a ajouté que les anciens mandataires ont exprimé leur consternation face à cette nouvelle agression du gouvernement des États-Unis contre le système multilatéral.

Il a ajouté que Carone peut être élu car chaque voix a une valeur proportionnelle à sa contribution financière à l’organisme, et que celle de Washington est de 30%, à quoi s’ajoute le soutien des gouvernements de droite du Brésil, de l’Équateur, d’El Salvador, de la Jamaïque et de la Bolivie.

Selon Roncagliolo, il peut arriver à la BID quelque chose de semblable à ce qui est arrivé à l’Organisation des États Américains (OEA) sous la direction de l´uruguayen pro-étasunien Luis Almagro.

Dans ce contexte, a-t-il ajouté, dans le cas du Pérou « on ne peut pas oublier la leçon laissée par notre chancelier, Raúl Porras Barrenechea, lors de l’Assemblée de l’OEA de 1960, lorsqu’il a voté contre l’isolement et le blocus de Cuba ».

Adrianzén se demande comment le Pérou votera lors de l’élection du titulaire de la BID et si pour la Chancellerie 'la doctrine Monroe existe et s’applique, et si l’Amérique reste pour les nord-américains '.

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