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Le Gouvernement chilien opposera son veto à une loi qui profite à des milliers de familles

Par Rafael Calcines Armas

Santiago du Chili, 8 juillet (Prensa Latina) Le gouvernement chilien introduira dans les prochains jours un veto présidentiel à une loi interdisant la coupure des services de base à la population au milieu de la pandémie de Covid-19.

C’est ce qu’a annoncé hier le secrétaire général de la présidence, Claudio Alvarado, qui, dans une déclaration à Radio Universo, a également déclaré que « nous voulons assurer les approvisionnements de base, mais sans aucun problème avec la constitutionnalité en vigueur », ajoutant que depuis La Moneda (siège de l´Exécutif) on « étudie des actions qui n’affectent pas les bénéfices aux personnes, mais à y faire des aménagements ».

Cette législation, adoptée par le Congrès National le 11 juin dernier, prévoit que, dans les 90 jours suivant sa publication, les fournisseurs d’électricité, d’eau, de gaz et de téléphone ne pourront pas couper ces services de base à ceux qui ne peuvent payer les factures en raison des dommages économiques subis par des milliers de familles à cause de la pandémie.

Bien que l’initiative ait reçu un large soutien, y compris de la part de législateurs soutenant le gouvernement, et que le mandataire ait été appelé à y donner suite rapidement, le gouvernement l’a jugée 'inconstitutionnelle' et attend depuis cette date la signature de Piñera.

Y compris un groupe d’au moins 42 maires de partis de droite, réunis au sein de l’Association des municipalités du Chili (Amuch), vient de demander dans une lettre au gouvernement que Piñera signe cette législation sans plus tarder.

Le président de l’Amuch, Rodrigo Delgado, a souligné que les signataires, « nous ne demandons pas d’aller à l’encontre de la loi ou de la Constitution, mais qu’il y ait un État qui soit plus flexible dans la collaboration et l’aide aux personnes et aux familles qui en ont le plus besoin ».

Le 11 juillet marque la clôture du délai de dépôt du veto présidentiel, sinon l’initiative deviendra loi, mais l’annonce faite ce mardi par le secrétaire général de la présidence augure de nouvelles confrontations entre La Moneda et le législatif.

Selon les analystes, le discours gouvernemental récurrent sur son engagement à aider les personnes les plus touchées par la pandémie de Covid-19 serait également remis en question.

La tiédeur du gouvernement face à cette importante mesure a déjà suscité ces dernières semaines de nombreuses critiques dans les milieux politiques et sociaux.

Depuis le Parti centriste pour la démocratie, le député Ivan Soto a souligné que le 'gouvernement entrepreneur ' préfère faire des accords entre amis et n’est pas capable de réguler les entreprises et d´aller au secours des familles chiliennes qui souffrent des effets de la crise.

La sénatrice démocrate chrétienne Ximena Rincón a également souligné que « les efforts de tous sont nécessaires en ce moment ; ce n’est pas ainsi que l’on construit des accords et que l’on peut inviter tous les secteurs du pays à un dialogue, alors que l´on n’est pas disposé à soutenir une mesure que le parlement a approuvée à une large majorité ».

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