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Optimisme en Ethiopie pour le premier remplissage du Barrage de la Renaissance

Addis-Abeba, 22 juillet (Prensa Latina) Le Gouvernement éthiopien a annoncé aujourd’hui qu’il avait achevé le premier remplissage du Grand Barrage de la Renaissance (GERD, pour ses sigles en anglais) et la nouvelle a suscité un grand optimisme parmi la population de la nation africaine.

Dans un communiqué, le Cabinet du Premier Ministre a expliqué que l’abondance des précipitations dans la région au cours des dernières semaines avait favorisé la réalisation de cette première phase, sans préciser quand le processus avait été officiellement lancé et finalisé.

En plus d’occuper les principaux espaces médiatiques nationaux, la révélation a suscité de nombreux commentaires, notamment sur Facebook et Twitter, où des dizaines de citoyens ont exprimé leur opinion malgré les difficultés d’accès aux réseaux sociaux.

« Je ne pensais pas que cela arriverait, la construction du barrage a subi beaucoup de retards, mais c’est une étape importante basée sur notre droit d’utiliser le Nil, et maintenant nous pourrons avancer plus vite, a déclaré Guedeon Mulugeta à Prensa Latina.

Selon ce commerçant, les Éthiopiens n’ont aucune raison de se réjouir trop vite, mais ils en ont pour rêver d´un bond en avant dans le développement du pays, « car une fois achevé le barrage apportera de l’eau et de l’électricité à un très grand nombre de personnes, et ça c’est important pour n’importe quel pays ».

Interrogés sur le point de savoir si le remplissage aurait dû commencer après un accord entre l’Éthiopie, l’Égypte et le Soudan concernant l’exploitation du barrage, comme l’exigeait le Caire, deux citoyens interrogés par Prensa Latina ont répondu non.

Pour Dereje Bekele et Tedros Gidey, les négociations trilatérales ne pouvaient pas conditionner une décision exclusive de la nation située dans la dénommée Corne de l’Afrique.

« Nous voulons juste que cela nous aide à sortir des millions de personnes de la pauvreté et à nous développer. Nous le construisons avec nos ressources et c’est notre droit, alors nous pouvons aussi décider quand le remplir », a manifesté Bekele.

« Le premier ministre Abiy Ahmed a annoncé que nous la remplirions vers cette date. L’Éthiopie ne s’est pas cachée et le gouvernement a donné l’assurance de ne pas porter préjudice aux autres pays que traverse le Nil. Nous pouvons enfin en profiter, nous en avons besoin », a pour sa part déclaré Gidey.

Les négociations trilatérales sur l’utilisation du réservoir ont été interrompues à la suite de réunions distinctes tenues par les comités techniques et juridiques éthiopiens, égyptiens et soudanais du 3 au 12 juillet derniers.

Sans concilier leurs positions sur des questions importantes, les trois pays ont présenté des rapports de leurs discussions à l’Afrique du Sud, qui assume actuellement la présidence de l’Union Africaine, mais la reprise des discussions a été suspendue.

Selon des experts, ce grand barrage bénéficiera à environ 60 millions d’Éthiopiens qui n’ont pas actuellement accès à l’électricité et à l’eau, avec les bénéfices économiques et sociaux que cela entrainera.

Ce critère est partagée par Muler Demisse, un jeune résident à l’étranger, qui estime que l’administration éthiopienne doit garantir les services de base au peuple « avec ses propres ressources et le plus tôt possible, car beaucoup de gens attendent ces bénéfices ».

La construction du barrage a commencé en 2011 et depuis lors l’Égypte conteste ce projet estimant qu´il limitera son droit historique sur le Nil et l’accès à ces eaux, qui ne répondent plus aux demandes de sa population.

Le Caire demande de remplir le GERD durant au moins 12 ans, mais l’Éthiopie, qui considère le projet comme un droit légitime d’utiliser ces ressources propres pour promouvoir sa croissance, veut achever ce processus en sept ans ou moins.

En 2023, ce barrage doit être achevé sur le Nil Bleu, qui prend sa source en Éthiopie et traverse le territoire du Soudan, où il se joint au Nil Blanc pour former le Nil. 

« Nous ne devons pas et nous ne pouvons pas attendre plus longtemps pour construire notre voie vers le développement. Si l’hydroélectricité est l’option principale pour résoudre un problème de nombreuses années, il faut agir rapidement. Le GERD est l’espoir de millions de personnes », a affirmé Demisse.

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