Agence de Presse de l'Amérique Latine

Le Royaume-Uni perd son indépendance en politique étrangère, selon un analyste

Londres, 23 juillet (Prensa Latina) L’analyste politique britannique Carlos Martinez a déclaré hier que le Royaume-Uni avait renoncé à son indépendance en politique étrangère en échange d’un accord de libre-échange post-brexit avec les États-Unis.

Selon l’expert, l’insistance de Londres sur un Brexit dur signifie que le pays quittera l’Union douanière et le Marché commun européens, et devra alors dépendre d’un vaste pacte commercial avec la nation nord-américaine.

Cette dépendance économique entraîne une dépendance politique et diplomatique, a déclaré Martinez, dans une interview par courrier électronique avec Prensa Latina.

Pour l’analyste d’origine galicienne, le meilleur exemple que l’actuel gouvernement conservateur britannique 'accorde la priorité aux jeux politiques sur le sens économique' est la récente exclusion de la société chinoise Huawei de la construction du réseau mobile 5G au Royaume-Uni.

On estime que cette décision coûtera 7 milliards de livres sterling (environ 9 milliards de dollars) à l’économie britannique et retardera d’au moins deux ans la mise en place de cette technologie de pointe, a-t-il rappelé.

De l’avis de Martinez, le veto à Huawei n’a rien à voir avec la question de la sécurité, comme l’affirme Londres, car d’autres sociétés nord-américaines comme Google et Microsoft fournissent un soutien technologique à plusieurs institutions officielles britanniques et ont accès à des informations sensibles.

Pour l’auteur du livre The End of the Beginning : Lessons of the Soviet Collapse (La fin du début : Les leçons de l’effondrement soviétique), la détérioration actuelle des relations avec Pékin n’a rien à voir non plus avec Hong Kong, le Xinjiang ou le nouveau coronavirus, comme le publie la grande presse occidentale.

La majorité de la classe dirigeante étasunienne a accepté de déclencher une Nouvelle Guerre froide contre la Chine, qu’elle voit comme une menace, et tente de retarder sa croissance et d’empêcher l’émergence d’un système multipolaire de relations internationales, a-t-il affirmé.

Selon l’analyste, le mieux serait que le Royaume-Uni, qui a entretenu pendant 40 ans de bonnes relations avec le pays asiatique, au point que le premier ministre David Cameron et le président Xi Jinping les ont baptisées l’Âge d’Or, s’abstienne de monter dans le train de cette nouvelle guerre froide.

Martinez croit, cependant, que la force politique ascendante au sein du gouvernement britannique, lire l’extrême droite du parti conservateur, est très proche de Trump, et fondamentalement 'Atlantiste' dans son orientation.

Les États-Unis mènent une très grave escalade contre la Chine, essayant de la saper et d’empêcher sa croissance économique, et cela pourrait aider une petite partie de la classe dominante nord-américaine, mais pour la grande majorité de l’humanité ce serait un désastre, parce que ce dont le monde a besoin maintenant, c’est d’une coopération maximale pour résoudre les problèmes, a-t-il souligné.

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