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Baltasar Garzon dénonce le harcèlement politique des États-Unis contre Assange

Madrid, 27 juillet (Prensa Latina) Le juriste espagnol Baltasar Garzón a dénoncé aujourd’hui que le journaliste australien Julian Assange est victime d’une persécution politique des États-Unis pour avoir révélé des documents très graves sur les violations des droits de l’Homme et la corruption.

L’avocat bien connu s’est présenté ce lundi devant l’Audiencia Nacional de España qui enquête sur l’espionnage dont aurait été victime le fondateur du site Wikileaks alors qu’il se trouvait à l’ambassade d’Équateur au Royaume-Uni.

Coordinateur de la défense internationale du cyber-activiste, Garzón a déclaré en tant que témoin lésé, ayant également été victime de cette surveillance par l’entreprise espagnole UC Global chargée de la sécurité de la légation de Quito à Londres entre 2015 et 2018.

Lors de déclarations à la presse après avoir témoigné devant le juge de l’Audiencia Nacional José de la Mata, il a confirmé que le suivi auquel son client a été soumis pendant son séjour à l’ambassade équatorienne entache son processus d’extradition vers les États-Unis.

« Julian Assange a fait l’objet de persécutions politiques au cours desquelles toutes les règles d’une procédure régulière ont été violées. Les actions ont été menées à partir de fausses preuves, avec des preuves illicites, et la procédure des États-Unis est totalement contaminée à la racine », a-t-il estimé.

Livrer Assange aux États-Unis constituerait une violation du droit de la défense et une atteinte à la liberté d’expression et d’accès à l’information, a souligné Garzón, qui a réaffirmé que l’Australien était un journaliste poursuivi pour avoir révélé des faits extrêmement graves de crimes contre l’humanité et de corruption.

Assange, qui a obtenu refuge au sein de la mission diplomatique de Quito à Londres de 2012 à 2019, est actuellement détenu dans la prison de haute sécurité de Belmarsh à Londres en attendant la deuxième phase de la procédure d’extradition demandée par Washington qui devrait débuter le 7 septembre prochain, après avoir été plusieurs fois repoussée en raison de la crise sanitaire.

En avril 2019, il a été arrêté par la police britannique après avoir été privé de l’asile et de la nationalité par le nouveau président de l’Équateur, Lenín Moreno, qui a enfreint toutes les normes de la Commission interaméricaine des droits de l’Homme, avait alors dénoncé Garzón.

Selon les propos du juriste, au cours de sa comparution de ce lundi, quelques images prises à l’ambassade par le biais d’équipements de surveillance vidéo lui ont été montrées, ce qui à ses yeux est scandaleux et typique d’un film d’espionnage.

Mais ce n’est pas un film d’espionnage, parce que ce qui est en jeu ici est la vie d’une personne pour avoir révélé des événements très graves, a-t-il insisté.

Le dossier de l’affaire en Espagne indique non seulement l’existence possible d’un système de surveillance contre Assange, mais aussi le fait que toutes les informations recueillies ont été ultérieurement transmises à 'd´autres personnes ou institutions', dont des 'autorités de la République d’Équateur et agents des États-Unis'.

Selon Garzon, la puissance nord-américaine s’est servie de l’entreprise de sécurité UC Global, qui, par l’intermédiaire de son responsable suprême, rapportait régulièrement, minutieusement et en détail ce que faisait l’équipe de défense.

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