Agence de Presse de l'Amérique Latine

Au Chili, les tentatives de privatisation du cuivre sont rejetées

Santiago de Chile, 30 juillet (Prensa Latina) La Fédération des Travailleurs du Cuivre a averti hier que toutes les activités seraient paralysées face à toute tentative de privatisation de ce secteur stratégique de l’économie chilienne.

Elle s’est ainsi jointe aux nombreuses manifestations de rejet suscitées par la proposition de forces de droite de privatiser l’entreprise d’État Corporación del Cobre (Codelco), principale source de financement du budget national.

Lundi dernier, des députés du parti très conservateur Union démocratique indépendante (UDI) ont présenté un plan censé faire face aux effets négatifs de la crise sanitaire du Covid-19 sur l’économie.

Ce programme, appelé « Mesures politiques, économiques et sociales pour surmonter la pandémie », va de la réduction du nombre de ministères et de parlementaires à la réduction des impôts sur les grandes entreprises en passant par la privatisation de Codelco et la vente de la télévision d’État TVN.

Ces mesures ont été vivement critiquées par les partis d’opposition, qui les ont qualifiées d’offensives de droite profitant de la crise sanitaire, économique et sociale actuelle.

Mais le plus important rejet est centré sur la revendication de privatiser l’entreprise de Codelco, y compris de la part de députés de droite.

La socialiste Daniela Ciccardini, présidente de la commission des mines de la Chambre des députés, a déclaré que cette proposition nuit à l’ensemble du pays parce que les programmes sociaux et les politiques publiques sont financés en grande partie par les contributions de la compagnie étatique, insistant sur le fait qu´ « on ne touche pas à Codelco ».

La nationalisation de l’exploitation minière du cuivre par le président Salvador Allende le 11 juillet 1971 est considérée comme la transformation économique, politique et sociale la plus importante du XXe siècle au Chili, et même la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990) n’a pas osé la privatiser à nouveau.

Pour leur part, les syndicats du secteur ont publié une déclaration dans laquelle ils ont souligné que 'nous ne sommes pas et ne serons pas d’accord avec cette proposition et nous défendrons de toutes nos forces le caractère 100 pour cent étatique de Codelco'.

Ils ont souligné que 'notre peuple a besoin des apports de cette entreprise pour pouvoir faire face aux graves séquelles sociales engendrées par cette pandémie ', au point que le gouvernement n’a pas arrêté les activités de l’entreprise, qui continue à produire, « malgré le coût en vies humaines de nos travailleuses, travailleurs et leurs familles ».

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