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Cuba, conjointement à la pandémie, un autre ennemi : les illégalités

Par Orlando Oramas Leon

La Havane, 6 août (Prensa Latina) Au milieu de la lutte face à la pandémie de Covid-19, ses impacts, et le renforcement du blocus des États-Unis contre Cuba, s’ouvre sur l’île un autre scénario de bataille qui va de front contre les illégalités.

L’ennemi dans ce domaine est incarné par des figures nocives pour la société telles que les « coleros » (personnes faisant payer les entrées dans divers magasins en se plaçant dans les files d´attente), les revendeurs, les accapareurs et les trafiquants illégaux de devises, lesquelles s´enrichissent en temps de besoin et affectent la majorité de la population.

Ce que nous proposons, c’est de ne pas admettre l’activité économique illégale, a déclaré le président Miguel Diaz-Canel lors de la réunion du Conseil des ministres qui a approuvé le plan gouvernemental contre ces illégalités.

À simple vue, cela ne ressemble pas à une guerre par décret. Selon le mandataire cubain la réponse 'est populaire, avec toutes les forces révolutionnaires, car elle a été une revendication de la population'.

Vox populi est l’irritabilité contre ces phénomènes visibles lors de longues files d’attente devant les magasins de vivres et d’autres produits qui finissent souvent en des mains peu scrupuleuses.

Les médias locaux publient ces jours-ci des opérations contre les accapareurs qui collectent des vivres et d’autres intrants nécessaires au peuple pour les revendre à des prix abusifs.

Sur les réseaux sociaux, des offres de produits destinés à la population affluent, détournés de leur destination d’origine par des mains dédiées à tirer profit des besoins de la majorité.

Et cela a lieu alors que l’État dépense des millions de dollars dans la lutte contre l’épidémie, avec une stratégie visant à « sortir » le nouveau coronavirus de circulation.

Une telle démarche a un coût élevé en hospitalisation des cas positifs à la maladie et en centres d’isolement pour les autres cas suspects, en plus de médicaments, du matériel de protection, entre autres exigences, y compris celles de la science et de la technologie dédiées à la lutte contre la maladie sur l’île.

Dans le même temps, les autorités mettent en œuvre une stratégie socio-économique pour faire face aux effets de la pandémie, et contre laquelle le gouvernement des États-Unis déploie tous ses canons afin de priver la petite île voisine des ressources et des devises nécessaires à son développement.

Face à cette conjoncture, la Révolution cubaine a eu recours à un principe qui l’a accompagné dès ses débuts et qui est l’accompagnement populaire.

C’est pourquoi, pour l’élaboration du plan contre les illégalités, le travail a été effectué avec 11 institutions nationales et l’intention d’intégrer tous les facteurs de la société, ses organisations sociales et de masse.

Certains des éléments du plan ont été l’identification des centres commerciaux les plus touchés par ces indisciplines; la définition des responsables et de leurs responsabilités; le renforcement de l’intervention policière; la participation des travailleurs et de la communauté.

Le premier ministre Manuel Marrero a expliqué qu’au niveau national se sont formés plus de trois mille groupes de lutte contre ces illégalités composés de 22.281 personnes représentant la citoyenneté, différentes institutions et organisations.

L’intention est d’agir avec fermeté mais d’éviter les erreurs, les injustices et de favoriser la prophylaxie sociale, dans le respect de la légalité.

Diaz-Canel a considéré qu´il existe une chaîne à laquelle briser des maillons : « coleros » - accapareurs - revendeurs et trafiquant de devises.

Il a souligné que les instigateurs de ces délits cherchent à remettre en question le travail de l’État et du Gouvernement, auquel ils attribuent les difficultés d’approvisionnement en produits de première nécessité.

'Nous sommes les premiers à reconnaître nos insuffisances ; mais il y a un travail de continuité qui se manifeste dans la façon dont, avec le peuple, on a affronté la pandémie, avec l’apprentissage de la Révolution et avec unité', a souligné le mandataire.

Le Gouvernement cubain est tout à la fois vigilant sur la connexion de ceux qui, dans les circonstances actuelles et complexes, cherchent à diviser la société cubaine, surtout en agissant de façon éhontée depuis les États-Unis.

Diaz-Canel a prédit que ces prétentions et ces désirs de déstabiliser l’île seront vaincus par l’action populaire, « sans céder aux pressions, au chantage, ni aux propositions de ceux qui veulent annexer la patrie cubaine au nord brutal », en référence aux États-Unis.

Puis il a ajouté que ce serait la manière légitime de faire face à de telles manifestations indésirables.

Ici, nous n’agirons jamais motivés par la haine, parce que cela va à l’encontre des principes éthiques, solidaires et de justice sociale de la Révolution, a souligné le président.

'Là où l’on ne respecte pas les dispositions, on agira avec sévérité, parce que les rues de Cuba appartiennent aux révolutionnaires et au peuple travailleur', a-t-il conclu.

L’action des groupes de lutte face aux illégalités a été annoncée mardi soir. Aujourd’hui, la situation est différente dans au moins quelques-uns des principaux centres commerciaux de cette capitale.

« Le bannissement de ceux qui profitent des besoins du peuple doit arriver pour rester », a affirmé à Prensa Latina une retraitée qui faisait aujourd´hui la queue pour acheter du poulet dans un magasin du quartier du Vedado de cette capitale.

Et c’est ce que le président Diaz-Canel a promis, assumer la bataille pour la gagner.

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