Agence de Presse de l'Amérique Latine

La Catalogne défie l’Espagne avec des résolutions antimonarchiques

Madrid, 10 août (Prensa Latina) Le Parlement de Catalogne a approuvé une série d’initiatives contre la Monarchie dans un nouveau défi au modèle d’État en Espagne, suite aux scandales de corruption qui éclaboussent le roi émérite Juan Carlos I.

Toute la presse espagnole s’est fait l’écho samedi des résolutions adoptées en fin de journée de vendredi par la majorité séparatiste à la chambre législative de cette communauté autonome du nord-est du pays.

Les forces sécessionnistes ont donné le feu vert à plusieurs dispositions qui déclarent que 'la Catalogne est républicaine et, par conséquent, ne reconnaît ni ne veut avoir de roi'.

Les votes sur les propositions de résolution des groupes parlementaires ont mis fin à un marathon plénier extraordinaire, demandé par le président de la Generalitat (gouvernement catalan), Quim Torra, pour aborder « la crise ouverte par la monarchie ».

Selon le texte, 'la lignée des Bourbons a été une calamité historique pour la Catalogne' et il constate l’échec et la crise définitive du pacte constitutionnel de 1978.

En outre, il dénonce que le père de l’actuel monarque Philippe VI a accepté la succession du dictateur Francisco Franco en jurant fidélité aux principes de son régime, de sorte que la Couronne espagnole est la 'continuation du régime précédent'.

Il reproche également la 'fuite consentie du roi Juan Carlos pour échapper à l’action de la Justice' et parle de 'monarchie délinquante' et de 'démocratie intervenue par le pouvoir judiciaire'.

Pour la chambre régionale, 'la seule voie pour surmonter ce régime monarchique est de constituer effectivement la république catalane', conformément à la volonté exprimée en 2017 par le peuple de Catalogne et son Parlement avec la déclaration unilatérale d’indépendance.

Cinq jours après avoir quitté l’Espagne dans le contexte d´un déluge d’accusations de corruption à son encontre, le sort de Juan Carlos de Borbón reste aujourd’hui l’objet de multiples conjectures en l’absence d’une déclaration officielle.

Selon le journal conservateur ABC, publié le vendredi, l’ancien chef de l’État se trouve à Abu Dhabi (Émirats arabes unis) depuis lundi dernier, le jour même où la Maison royale a annoncé sa décision de déménager à l’étranger.

Les justices suisse et espagnole enquête sur l’origine de 100 millions de dollars qu’aurait reçu le père de Philippe VI pour la prétendue perception de commissions lors de l’attribution à des entreprises de cette nation ibérique du train à grande vitesse en Arabie Saoudite.

En juin dernier, la Cour suprême a ouvert une enquête sur la participation du souverain émérite à ce contrat de chemin de fer de plusieurs millions de dollars et sur ses infractions éventuelles, mais uniquement concernant celles commises à partir de 2014, lorsqu’il a perdu son immunité lors de son abdication.

Bien que sa prétendue fortune occulte sur des comptes secrets en Suisse fasse l’objet d’une enquête tant dans le pays helvétique qu’ici, l’ancien monarque n’est l’objet d’aucune plainte et son avocat a assuré qu’il se mettrait à la disposition de la justice si nécessaire.

peo/ga/edu