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Les putschistes s’attribuent des travaux du gouvernement de Morales en Bolivie

Par Nara Romero Rams *

La Havane, 9 septembre (Prensa Latina) Le processus de changement impulsé par l’ancien président Evo Morales en Bolivie a réalisé la remise de centaines d’œuvres sociales que le gouvernement de facto s’attribue pour faire campagne électorale.

La crise sanitaire provoquée par la Covid-19, avec un bilan de plus de 120 mille cas et sept mille morts, a provoqué l´effondrement du système de santé nationale en raison de la mauvaise gestion de l’administration de la présidente autoproclamée Jeanine Áñez, qui a d´ailleurs inauguré plusieurs hôpitaux dont la construction avait été décidé par les gouvernements de Morales.

Des installations équipées de technologies modernes dans la ville d’El Alto et les départements de La Paz, Santa Cruz et Cochabamba font partie de cette tromperie d’Áñez, dont le gouvernement n’a pas lancé de travaux au bénéfice du peuple.

Malgré les critiques des nouvelles autorités faites au leader aymara, il est impossible de cacher à l’opinion publique les centres médicaux inaugurés pendant les 14 ans de ses gouvernements, comme cela a été dénoncé sur les réseaux sociaux.

À ces diverses inaugurations de centres médicaux on peut également ajouter celle de la 'Fibre Optique Souveraine au Pacifique', le 4 septembre dernier, une initiative du Cabinet Binational Bolivie-Pérou tenu en novembre 2016 et ratifiée lors du troisième rendez-vous de septembre 2017.

Le gouvernement péruvien s’est engagé à fournir à la nation andine-amazonienne l’accès au réseau de fibre optique du Pacifique, dans le but d’améliorer sa connectivité, de réduire les coûts du service et de permettre une économie de 12 millions de dollars en dépenses opérationnelles.

En septembre 2017, le ministre bolivien des Travaux Publics de l’époque, Milton Claros, a annoncé que l’Entreprise nationale des télécommunications (Entel) investirait 60 millions de dollars pour participer en tant qu’entreprise privée et fournir des services dans le sud du Pérou.

La fibre optique d’environ 20.430 kilomètres concerne les neuf capitales départementales et quelques villes intermédiaires, selon les données officielles. 

Le directeur général d’Entel, Eddy Luis Franco, a déclaré à l’Agence Bolivienne d’Information que le coût moyen en Bolivie par gigaoctet est supérieur à cinq dollars, considéré comme l’un des plus élevés de la région.

Par ailleurs, l´inauguration de ce projet a généré de multiples attentes en raison d’une possible diminution des coûts que devait annoncer la mandataire de facto, mais une fois de plus cette dernière s’est concentrée à attaquer l’ancien président bolivien et discréditer sa gestion.

Elle s´est ainsi attribuée le passage de la Bolivie au monde numérique avancé. Malgré ces déclarations, Evo Morales a revendiqué la fibre optique comme une initiative de son gouvernement et a réclamé la gratuité des services de télécommunications, de téléphonie mobile et d’Internet pour les étudiants en raison de la baisse des coûts.

Morales, sur son compte Twitter, a rappelé que ces services ont été déclarés 'de base' et qu’ils doivent être gratuits pour les étudiants.

Le candidat aux élections présidentielles pour le Mouvement Vers le Socialisme-Instrument Politique pour la Souveraineté des Peuples (MAS-IPSP), Luis Arce, a également souligné sur les réseaux sociaux que l’initiative faisait partie des projets lancés pendant le processus de changement et a critiqué le gouvernement de facto pour s’être attribué ces réalisations.

'Le gouvernement de facto fait campagne avec la bonne gestion du MAS-IPSP pendant des années. Ils n’ont ni éthique ni morale', a dénoncé Arce.

DES INVESTISSEMENTS MILLIONNAIRES EN FAVEUR DES COMMUNICATIONS

Le processus de changement initié par le premier président indigène de Bolivie a porté à 350 millions de dollars les investissements dans le secteur des communications en 2019 pour le consolider en tant que droit du peuple.

L’opérateur de télécommunications aux mains d’entrepreneurs italiens avant 2006 générait 70 millions de dollars de bénéfices qui quittaient le pays, ne restant plus grand-chose pour de nouveaux investissements.

Cependant, avec la nationalisation de la compagnie, les devises générées par Entel restent maintenant en Bolivie. En 2018, elle a enregistré près de 150 millions de dollars qui ont été redistribués dans l’exécution de programmes sociaux, selon des chiffres du gouvernement d’Evo Morales.

Le droit aux communications est défini dans l’Agenda du Bicentenaire, programme de gouvernement du MAS-IPSP pour les élections du 18 octobre prochain.

La Bolivie enregistrait une croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) de 8 milliards 784 millions de dollars en 2005, chiffre qui est passé à 40,5 milliards grâce à la mise en œuvre du modèle impulsé par l’ancien président Evo Morales.

Ce chiffre et d’autres soutiennent le principe de travailler pour le peuple défendu par Morales pendant 14 ans et utilisé aujourd’hui par les autorités de facto pour rassembler des voix en l’absence d’initiatives propres.

Mais la Bolivie a de la mémoire et connaît les conséquences des privatisations et du néolibéralisme, d’où sa volonté de continuer à défendre ses droits revendiqués au cours du processus de changement.

peo/arb/nmr

*Journaliste à la Rédaction Amérique du Sud de Prensa Latina