Agence de Presse de l'Amérique Latine

Noam Chomsky appelle à surmonter le fléau néolibéral

Buenos Aires, 15 septembre (Prensa Latina) L’éminent philosophe, politologue et activiste nord-américain Noam Chomsky plaide aujourd’hui pour surmonter trois obstacles majeurs au milieu d’une telle urgence dans le monde : la logique capitaliste, le fléau néolibéral et le leadership malveillant.

Dans une interview exclusive avec la directrice de l’agence Télam, Bernarda Llorente, l’universitaire a parlé des prochaines élections dans son pays dans un contexte actuel très complexe et les a considérées comme les plus importantes de l’histoire de l’humanité.

Interrogé sur la manière d’inverser la situation difficile au milieu de tant de situations d’urgence, Chomsky a estimé qu’il était possible d’y parvenir, mais qu´il faut surmonter des barrières sérieuses comme le fléau néolibéral.

Les autres crises, le réchauffement climatique, la guerre nucléaire, la détérioration de la démocratie, nous savons comment y faire face et il est impératif de le faire. Il ne reste plus beaucoup de temps, a-t-il estimé.

Dans la perspective des élections du 3 novembre prochain dans son pays, l’intellectuel a souligné que ce sont probablement les élections les plus importantes qui se produisent non seulement dans l’histoire des États-Unis mais aussi dans celle de l’humanité, pour une raison qui n’est pas contestée et qui est en soi stupéfiante.

C’est la question la plus importante qui se pose aujourd’hui à l’humanité et, si elle n’est pas traitée rapidement, cela pourrait signifier la fin de la vie humaine organisée sur terre. Il s’agit de la catastrophe environnementale à venir. Elle n’est pas loin, elle ne peut pas être retardée et nous devons décider si nous allons y faire face. C’est le thème principal qui est en jeu dans l’élection, a-t-il averti.

D’autre part, il a souligné que le président Donald Trump et le parti qui le représente ont clairement indiqué qu’ils voulaient accélérer la course vers le désastre. Peut-être, a-t-il dit, est-ce un signe que l’espèce humaine n’est tout simplement pas viable, si elle ne peut pas faire face à un problème comme celui-ci.

Pour Chomsky, la deuxième question cruciale est la menace croissante de guerre nucléaire. Elle est très élevée, plus élevée que pendant la guerre froide selon les principaux experts en la matière, et elle continue de croître considérablement. Nous devons nous demander dans quelle société nous vivons. Quelle sorte d’espèce sommes-nous si nous ne sommes pas prêts à arrêter cela, a-t-il ajouté.

À une question sur la signification de ces années de présidence de Trump pour la démocratie étasunienne, l’auteur répond sans ambages que la survie de la démocratie est aujourd’hui en jeu. La démocratie ne repose pas seulement sur des règles et des lois. Elle est fondée sur la bonne foi et la confiance, a-t-il manifesté.

Le pouvoir Exécutif, a-t-il ajouté, a été presque complètement épuré de toute voix critique ou même indépendante. Il ne reste que des flatteurs et courtisans, comme Mike Pompeo ou Mike Pence. Constitutionnellement, les nominations faites par le président doivent être ratifiées par le Congrès, par le Sénat. Ce n’est pas le cas. Il ne les envoie même pas pour confirmation.

Il les nomme simplement à un poste temporaire. Trump a créé un marécage de corruption à Washington. Il est comme une espèce de dictateur de pacotille, a manifesté l´intellectuel nord-américain.

peo/car/may