Agence de Presse de l'Amérique Latine

L’ONU dénonce les assassinats d’ex-combattants des FARC-EP en Colombie

Bogota, 2 octobre (Prensa Latina) Le Secrétaire général des Nations Unies (ONU), Antonio Guterres, a dénoncé les assassinats d’ex-combattants des Forces armées révolutionnaires de Colombie-Armée du peuple (FARC-EP), faits qui nuisent aujourd’hui sensiblement aux Accords de paix conclus en 2016.

La violence incessante contre les ex-combattants continue d’affecter la consolidation de la paix, a-t-il expliqué dans son dernier rapport sur la Mission de vérification de l’ONU en Colombie.

Selon l’enquête, 19 anciens combattants ont été assassinés entre le 27 juin et le 25 septembre, pour un total de 50 en 2020.

Depuis la signature de l’Accord de paix, souligne le rapport, la Mission a confirmé un total de 297 attaques contre d’anciens membres des FARC-EP, dont 224 assassinats, 20 disparitions et 53 tentatives d’homicide.

Selon le rapport, la Juridiction Spéciale pour la Paix (JEP) a ordonné en juillet à plusieurs institutions étatiques de prendre des mesures de protection pour d’anciens membres de la guérilla, mais plusieurs voix critiquent la position du président Ivan Duque qui reste passif à cet égard.

L’ancien président colombien Ernesto Samper (1994-1998) a critiqué la gestion de Duque dans le processus de paix et a souligné qu’il y avait 'une violation grave des protocoles des Accords'.

Guterres a pour sa part encouragé 'tous les acteurs en Colombie à reconnaître le potentiel de la mise en œuvre de l’Accord de paix en tant qu’élément clé sur la voie du redressement économique et social suite à la pandémie, et à redoubler d’efforts pour mettre en œuvre l’Accord dans son intégralité.

Dans son rapport, il a fermement soutenu les trois composantes du Système intégral de vérité, justice, réparation et non-répétition dans leurs efforts pour offrir la vérité et la justice réparatrice et donner la parole aux victimes.

En outre, Guterres a fermement condamné les massacres qui ont eu lieu dans différents départements ces derniers mois et mis le pays au bord d’une nouvelle guerre civile.

S’agissant de la pandémie du nouveau coronavirus SARS-Cov-2, il a affirmé que parmi les ex-combattants, des mesures avaient été prises pour atténuer l’impact de la pandémie par la formation et l’appui à des initiatives de sécurité alimentaire à petite échelle.

À ce jour, selon le rapport, au moins 88 ex-combattants ont été infectés par Covid-19, dont deux sont décédés.

Ces ex-combattants sont exposés à des risques accrus, tant en raison de l’insécurité que de l’accès insuffisant à l’appui institutionnel, a-t-il souligné.

Ce rapport sera présenté dans son intégralité au Conseil de Sécurité des Nations Unies le 14 octobre.

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