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Stella Calloni met à nu les actions préalables au coup d’État en Bolivie

Par Maylin Vidal

Buenos Aires, 13 octobre (Prensa Latina) L’éminente intellectuelle argentine Stella Calloni dévoile aujourd’hui un livre sur la toile de fond et les actions, notamment des États-Unis, préalables au coup d’État en Bolivie.

« Coup d’État en Bolivie : Washington a ordonné, l’OEA a exécuté », (OEA : Organisation des États Américains), est le titre donné par l’écrivaine et chercheuse au volume, publié par la maison d’édition Acercándonos Ediciones et qualifié comme une dénonciation chronologique de tous les processus derrière la guerre sale, avec la complicité de plusieurs nations de la région, menés pour en arriver au coup d’État contre Evo Morales en novembre 2019.

Ce livre souligne la systématisation des étapes et le contexte du coup d’État en Bolivie, dont les tentatives d’assassiner Evo, à travers une quantité de notes qui sont apparues et des dénonciations très importantes, a expliqué en exclusivité à Prensa Latina son auteure.

Connue pour ses multiples recherches sur l’Opération Condor, Calloni approfondit en huit chapitres tous les événements préalables, le rôle de l’OEA, et de son secrétaire général, Luis Almagro, le contexte régional, les tentatives infructueuses de renverser Morales qui se sont succédées depuis 2008 et surtout le rôle des États-Unis.

Dans l’un de ces chapitres, il est question de la campagne menée par le Congrès nord-américain, qui a semé la haine par le biais d’un certain nombre de plaintes contre Evo pour faire croire que le peuple bolivien avait besoin de l’aide urgente des États-Unis.

'Suivant les traces du coup d’État de novembre 2019, nous sommes arrivés encore et encore à la campagne permanente de la membre du Congrès nord-américain Ileana Ros-Lehtinen, appartenant au dénommé lobby cubano-américain de Miami, qui s’est donnée pour tâche d’animer jour après jour la campagne putschiste, organisant des opérations de guerre de quatrième génération', a manifesté l’écrivaine.

Calloni fait également référence à ce 4 septembre 2019, un mois avant les élections en Bolivie, quand Ivanka Trump, fille de Donald Trump, s’est rendue en Argentine, à Jujuy, accompagnée de hauts fonctionnaires et d’environ 2.000 agents des forces spéciales.

« Je pense que l’intervention du Brésil, de l’Argentine, du Chili et certains signaux venant du Pérou sont très importants. Mais dans le cas argentin, par exemple, cela est encore plus fort car le gouverneur de Jujuy, Gerardo Morales, est très compliqué », a déclaré à Prensa Latina la journaliste qui insiste également sur l’utilisation du paramilitarisme derrière le coup d’État.

« L’Argentine et le Chili ont effectué des manœuvres aux frontières les jours précédant les élections en Bolivie, et ce avec la présence du Commandement Sud (des États-Unis) et de conseillers israéliens qui se trouvaient dans cette zone de la triple frontière », a expliqué la journaliste en indiquant comment au Chili, sur ordre de Washington, des camions et des armes ont été découverts et sont entrés par le port d’Iquique.

« Un des camions a y compris été intercepté peu de temps avant le coup d’État à Santa Cruz, chargé d’armes qui arrivaient directement pour les paramilitaires boliviens », a souligné Calloni après avoir ajouté qu’il y avait des informations sur la complicité du gouvernement de Mauricio Macri (ancien président argentin), en la figure d’un représentant des services secrets argentins en Bolivie qui distribuait de l’argent aux putschistes.

« Il y a beaucoup de données, il y a des recherches qui impliquent ouvertement plusieurs personnages. C’est de cela dont traite ce livre, une enquête approfondie sur ces coups d’État militaires », a déclaré Calloni en soulignant qu’il n’y a plus aucun doute sur la participation de l’OEA et des États-Unis dans le coup d’État contre Evo Morales.

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