Agence de Presse de l'Amérique Latine

Revers pour l’OEA suite à la victoire électorale du MAS en Bolivie

Par Manuel Robles Sosa

Lima, 20 octobre (Prensa Latina) La victoire électorale du socialiste Luis Arce en Bolivie a laissé une trace de défaite, par l’ampleur du revers subi, au sein de l’Organisation des États Américains (OEA).

Il est bon de rappeler que cette organisation, vétuste et discréditée au niveau internationale, ainsi que son secrétaire général, Luis Almagro, ont favorisé le coup d’État de novembre 2019, en complicité avec le gouvernement nord-américain de Donald Trump.

Ils ont créé un climat propice à l´installation d´un gouvernement de facto par un rapport et des commentaires des membres de la mission envoyée par Almagro pour observer les élections de l’année dernière, et ce sur de prétendues irrégularités, si incohérentes qu’elles n’incluaient même pas le mot fraude, que le secrétaire général a par contre utilisée pour incendier le bûcher putschiste.

Ce faisant, il a intronisé ce gouvernement de facto qui a étouffé dans le sang et le feu des protestations populaires de rejet, sans que l’OEA, prétendue défenseur de la démocratie, lève même les sourcils.

Almagro n’a rien dit non plus face aux tentatives évidentes de la chef du régime, Jeanine Áñez, de prolonger son mandat et y compris de se présenter comme candidate à la présidence, ni face aux manœuvres qu’elle a utilisées pour retarder les élections.

Les élections ont finalement été obtenues grâce à la mobilisation populaire, également réprimée par le gouvernement de facto, sans qu´Almagro ne se manifeste, lui qui réagit si hystériquement lorsqu´un gouvernement progressiste dénonce quelque illégalité d´opposants.

La combine de l’OEA sur la fraude présumée, dont la fausseté avait été prouvée par le MAS et des secteurs indépendants de la Bolivie, a définitivement été mise à jour en juin dernier lorsqu’un rapport du quotidien nord-américain The New York Times a révélé son inconsistance.

Il ne vaut pas la peine de revenir à la discussion technique sur ce rapport qui a coûté si cher au peuple bolivien, puisque tout a finalement été mis à nu lors des élections de dimanche dernier, qui ont clairement défini si le MAS avait le soutien majoritaire pour gagner dès le premier tour, c’est-à-dire s’il y avait eu ou non la prétendue fraude validée par l’OEA en 2019.

Luis Arce a remporté la présidence avec 52,4% des voix (selon les estimations actuelles, mais cela pourrait être davantage), dès le premier tour et avec un score y compris supérieur à celui obtenu par Morales l’année dernière.

Ce résultat retentissant a donc validé la victoire de Morales en 2019 au premier tour, avec plus de 40 pour cent des voix et dix pour cent de plus que Carlos Mesa, vaincu cette fois par Arce, comme le stipule la loi électorale bolivienne pour être élu dès le premier tour.

'Si le résultat est un triomphe au premier tour, la thèse de la fraude électorale d’octobre dernier ne pourra pas tenir debout', avat écrit avant les élections la propre Lourdes Montero, chroniqueuse du quotidien La Razón et opposante au MAS.

En effet, le résultat de ces élections rend inutile toute prétention de l’OEA à devenir un tribunal électoral supranational qui accorderait un certificat de qualité, de propreté et de légalité aux élections et à leurs résultats dans la région.

Le cirque et les mensonges inventés par l’OEA sont d’une telle ampleur, que l’analyste international péruvien Alberto Adrianzén, entre autres, a déclaré qu’Almagro devrait démissionner et que les membres de la mission d´observation de 2019, qui a laissé une traînée de sang et une crise d´un an en Bolivie, devraient faire l´objet d´une enquête.

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