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Divergences concernant les enquêtes sur l’invasion des États-Unis au Panama

Panama, 22 octobre (Prensa Latina) Des divergences entre la Commission du 20 décembre et le gouvernement, faute de financement, compromettent aujourd’hui l’enquête pour identifier les victimes de l’invasion militaire des États-Unis au Panama en 1989.

Dario Chirú, secrétaire général du Ministère des Affaires Étrangères, a déclaré à TVN Radio que l’institution explore les sources de financement pour s’assurer que les travaux d’exhumation aboutissent, car lors de la prise en charge de la nouvelle administration en juillet 2019 il existait un budget qui n’envisageait pas de dépenses supplémentaires.

Il a déclaré qu’il répondra à la demande urgente de 180.000 dollars, mais que les 460.000 dollars dont le groupe de recherche a besoin pour mener à bien l’étape en cours ne sont toujours pas réunis. Il a également affirmé que le gouvernement est dans 'la meilleure disposition à résoudre cette question avec la célérité nécessaire'.

Puis il a confirmé que la commission a le soutien de la chancellerie pour terminer l’enquête, dont 'nous savons qu’elle a une importance historique' et a déclaré être sur le point de trouver le financement nécessaire.

Juan Planells, qui dirige la commission, a quant à lui un autre critère, considérant que cette situation se produit alors que l’invasion est l’une des blessures les plus profondes dans la mémoire des panaméens, surtout pour ceux qui ont perdu un membre de leur famille et n’ont nulle part où le pleurer.

Au cimetière du Jardin de la Paix, les restes de 33 personnes ont été retrouvés, ce qui a permis d’enregistrer 10 nouveaux noms de personnes décédées lors de l´invasion, et certains ossements nécessitent maintenant l’extraction de l’ADN pour l’analyse, qui sera effectuée par des experts étrangers, a-t-il expliqué.

'Nous récupérons notre histoire, nous retrouvons de nouvelles personnes décédées le 20 décembre (1989), et c’est une dette historique que le Panama a', a-t-il souligné en confirmant l’intention d´excaver un autre site dans la ville de Colomb, où a été découverte une autre fosse commune.

Planells a déclaré avoir des indices d’un troisième charnier clandestin, mais que les recherches pertinentes pour pouvoir déterminer son existence sont en cours. Il a insisté sur le fait que le manque de soutien financier 'est une injustice envers ces familles qui depuis plus de 30 ans n’ont pas pu avoir de tombe pour pleurer leurs proches'.

L’histoire de l’invasion sanglante est une énigme, car l’armée agresseur a refusé de fournir des documents permettant de faire la lumière sur ce qui s’est passé et sur le sort d’un nombre indéterminé de civils et de militaires tués et disparus au cours de l’action.

Parmi les nombreuses versions, l’une des plus répétées est la création de fosses communes, tandis que d’autres témoignages mentionnent des sépultures clandestines en dehors des cimetières et parlent même de cadavres incinérés ou jetés à la mer.

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