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Le président argentin annonce l’envoi de la loi sur l’avortement au Congrès

Buenos Aires, 18 novembre (Prensa Latina) Le président argentin, Alberto Fernández, a annoncé aujourd’hui l’envoi au Congrès de deux projets de loi pour que les femmes accèdent au droit à la santé intégrale, dont l’un concerne l’interruption volontaire de grossesse.

Dans un message vidéo diffusé sur Internet, le mandataire a indiqué qu’il s’était toujours engagé à ce que l’État accompagne toutes les personnes enceintes dans leurs projets de maternité et prenne soin de la vie et de la santé de ceux qui décident d’interrompre leur grossesse. L’État, a-t-il manifesté, ne doit se désintéresser d’aucune de ces réalités.

Après deux ans d’attente, lorsque le projet de loi sur l’avortement a été rejeté lors d´une session historique au Sénat, cette demande revient de nouveau au Palais Législatif, avec un plus grand nombre de citoyens qui la soutiennent et à un moment très significatif pour la campagne nationale pour l’avortement légal, sûr et gratuit, alors que 15 ans de lutte pour faire de ce droit une loi ont été célébrés.

Dans son message au peuple argentin, le président a déclaré que le premier projet vise à légaliser l’interruption volontaire de grossesse et à garantir que le système de santé permette sa réalisation dans des conditions sanitaires qui garantissent la santé et la vie.

Le second, a-t-il expliqué, institue le programme des mille jours, dans le but de renforcer la prise en charge intégrale de la femme pendant la grossesse et de ses filles et fils pendant les premières années de la vie.

Il a réaffirmé sa conviction que l’État devait accompagner toutes les personnes enceintes dans leurs projets de maternité.

"La criminalisation de l’avortement n’a servi à rien. Elle n’a permis que des avortements clandestins atteignant des chiffres inquiétants", a souligné le chef de l’État, après avoir déclaré que quelque 38 mille femmes sont hospitalisées chaque année pour des avortements mal pratiqués.

Il a également souligné que le projet de loi sauverait la vie des femmes et préserverait leurs capacités reproductives, souvent affectées par ces avortements dangereux. « Il (le projet) n’augmente pas le nombre d’avortements et ne les encourage pas, il résout seulement un problème de santé publique », a-t-il précisé.

Fernandez a également souligné que cette légalisation n’entraînait pas une charge supplémentaire pour le système de santé. Les procédures validées qui sont utilisées conformément aux normes de l’Organisation Mondiale de la Santé sont essentiellement ambulatoires, ni chirurgicales ou pharmacologiques.

Pour Fernandez, il ne s´agit pas de dire oui ou non à l’avortement. Le dilemme que nous devons surmonter est de savoir si les soins sont pratiqués dans la clandestinité ou au sein du système de santé argentin, a-t-il conclu.

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