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L’équipe de Guaidó reçoit un avertissement en litige pour l’or vénézuélien

Londres, 21 novembre (Prensa Latina) L’équipe juridique de l’opposant vénézuélien Juan Guaidó dans le procès pour l’or gardé à la Banque d’Angleterre pourrait avoir des ennuis pour ne pas avoir respecté un ordre de paiement de la justice britannique.

Selon des informations fournies à Prensa Latina par le cabinet londonien Zaiwalla & Co., qui représente la Banque centrale du Venezuela (BCV), l’avertissement a été donné ce jeudi par la juge du tribunal de commerce Sara Cockerill lors d’une audience administrative en ligne pour discuter des prochaines étapes de l’affaire.

Les avocats de la dénommée direction "ad hoc" nommée par Guaidó affirment qu’ils ne peuvent pas payer à la BCV l’équivalent de 529 mille dollars pour les frais de procès en appel qu’ils ont perdus en octobre dernier, en raison des sanctions financières et économiques imposées par les États-Unis contre le gouvernement du président constitutionnel du Venezuela, Nicolás Maduro. Et ce alors que Guaido défend ces sanctions et est un allié de l´administration Trump, qui le soutient et le reconnait comme président en charge du Venezuela.

Les représentants de la BCV ont quant à eux fait valoir que la question des sanctions n’a été invoquée que des semaines après le 20 octobre dernier, délai fixé pour effectuer le dépôt.

Après avoir entendu les arguments, la juge a averti les représentants du président autoproclamé du Venezuela que pour la prochaine audience, prévue dans trois semaines, ils devront présenter "une meilleure excuse", ou se retrouveront dans "des problèmes très sérieux".

Si la prétendue direction parallèle de la BCV nommée par Guaidó veut plaider devant les tribunaux britanniques, elle est obligé de se conformer à ses lois et verdicts, car ignorer une décision simplement parce qu’elle va à votre encontre, et sans faire le moindre effort pour s’y conformer, ne peut être toléré dans un système judiciaire libre et égalitaire, a commenté l’avocat principal du cabinet Sarosh Zaiwalla.

Le litige a été porté devant les tribunaux britanniques après que la Banque d’Angleterre ait refusé de remettre à la BCV les réserves d’or d’une valeur d’environ 2 milliards de dollars qu’elle détenait dans ses coffres, au motif qu’elle avait reçu une demande similaire de la direction désignée par Guaidó.

En juillet dernier, le tribunal de commerce londonien a établi que le dénommé "président par intérim" était habilité à disposer des 30 tonnes de lingots d’or, sur la base d’une déclaration du chancelier britannique Jeremy Hunt datant de février 2019 qui "sans équivoque" reconnaissait le leader de l’opposition comme mandataire du Venezuela. 

Le 5 octobre, la Cour d’appel a infirmé ce verdict, considérant que la reconnaissance de Guaidó comme président "de jure" (de droit) n’exclut pas le fait que Maduro soit reconnu par le Royaume-Uni comme président "de facto" (de fait), renvoyant donc l’affaire au tribunal de commerce de Londres.

Selon Zaiwalla, le procès visant à déterminer qui, en définitive, reconnaît la justice et le gouvernement britanniques en tant que mandataire légitime du Venezuela devrait avoir lieu en janvier 2021, bien que l’équipe de Guaidó ait introduit un recours devant la Cour suprême du Royaume-Uni.

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