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Mouvement San Isidro : tactique médiatique pour déstabiliser Cuba

La Havane, 3 décembre (Prensa Latina) L’intellectuel cubain Enrique Ubieta a déclaré samedi dernier que le dénommé Mouvement San Isidro obéit à une stratégie médiatique qui cherche à manipuler les émotions et à créer un climat de déstabilisation sur l’île.

L’écrivain a noté qu’il existe des blogs financés par les États-Unis qui ont progressivement construit des « informations » autour de ce qui se passe dans le quartier de San Isidro (La Havane) pour créer un état d’esprit chez les lecteurs qui pourrait être repris par des médias internationaux.

Dans des déclarations à la télévision cubaine, Ubieta a déclaré que le nom de Mouvement est une nécessité de ces médias pour donner l’idée qu’il existe quelque chose de structuré et pour établir une perspective politique.

'Le procès et la condamnation de Solis ne sont pas pertinents pour devenir des informations internationales, c’est un prétexte, derrière se trouve l’intention de construire un foyer qui rend visible ces personnes, qui catapulte l’image d’une prétendue répression à Cuba', a-t-il expliqué.

Le dénommé Mouvement de San Isidro maintenait une protestation pour exiger du gouvernement cubain la libération de Denis Solis, condamné à huit mois de prison pour outrage aux autorités.

Solís, qui est présenté par le groupe comme un artiste censuré, a affirmé dans une vidéo avoir des liens avec des personnes qui financent des actes de violence contre Cuba, comme Jorge Luis Fernández, qui lui a promis 200 dollars pour respecter ses instructions.

'Le monde vit l’ère de la post-vérité où les émotions pèsent plus que la vérité elle-même, alors ce que font les médias c´est de jouer avec ces émotions', a ajouté Ubieta.

Pour l’intellectuel, il faut comprendre qu’il s’agit d’une mise en scène 'qui va se dégonfler petit à petit, beaucoup se sont inquiétés parce que la Révolution nous a appris à avoir des signes d’humanité'.

Pour sa part, le spécialiste des médias, Javier Gómez Sanchez, a souligné que ce soi-disant mouvement et tout ce qu’il a généré démontre que 'nous sommes en présence de l’exécution d’un scénario d’un coup mou' (expression faisant référence à des provocations et/ou manœuvres destinées à engendrer un changement de régime).

Selon Gomez, ces manœuvres se déroulent sur quelques années, à partir d’une guerre culturelle et médiatique où le travail des réseaux sociaux joue un rôle majeur.

'Où se trouvaient tous les personnes qui défendent celles du dénommé Mouvement San Isidro quand des artistes comme Haila, Arnaldo, Israël Rojas étaient accusés et discrédités sur les réseaux sociaux, dans le cadre de la campagne de discrédit menée depuis les États-Unis ?', a questionné le jeune Cubain.

Pour Gomez, l’ingérence du gouvernement nord-américain dans les affaires intérieures de l’île dure depuis 60 ans, la différence étant qu’il y a maintenant Facebook et Twitter.

'Nous ne pouvons pas penser que la tendance va changer à la Maison Blanche parce qu’elle change d’administration', a-t-il ajouté en référence à l´élection de Joe Biden.

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