Agence de Presse de l'Amérique Latine

2020 et la solidarité avec Cuba en France

Par Waldo Mendiluza *

Paris, 26 décembre (Prensa Latina) Des voix de divers secteurs ont consolidé depuis la France la solidarité et le soutien à Cuba, en une année de durs défis pour l’île caribéenne, déterminée par la recrudescence du blocus des États-Unis et la pandémie de la Covid-19.

L’année 2020 s’est avérée bien complexe pour toute l’humanité, notamment à cause des crises sanitaire et économique associées à l’impact du coronavirus SARS-Cov-2, mais la plus grande des Antilles a dû faire face à un scénario particulier, conséquence d’un siège économique, commercial et financier intensifié jusqu’à des limites inimaginables par l’administration de Donald Trump.

Des dirigeants politiques et parlementaires, des syndicalistes, des intellectuels, des associations, des citoyens et des Cubains résidents ont utilisé diverses voies, y compris les réseaux sociaux, pour condamner le blocus de Washington et exiger sa levée immédiate et inconditionnelle.

Le soutien au pays des Caraïbes et à sa Révolution a également été mis en évidence par une campagne qui a attiré des milliers de personnes, rassemblées autour de la demande de reconnaître avec le prix Nobel de la Paix 2021 les brigades médicales Henry Reeve, couronnée en octobre par la demande du député François-Michel Lambert au Comité Nobel norvégien.

La solidarité française est également apparue en décembre, lorsqu’un petit groupe d’individus a monté une provocation devant l’ambassade de l’île à Paris, dans le cadre de l’hostilité promue par des secteurs radicaux à Miami et protégés par la politique agressive de Trump.

'La croisade de l’impérialisme états-unien contre Cuba a été réduite à cela, l’agitation de quelques sbires excentriques, qui se sont approchés de l’ambassade dans le 15ème arrondissement parisien', a dénoncé dans une déclaration le Parti communiste français (PCF).

L’organisation a souligné la réponse pacifique, mais ferme, des diplomates cubains, qui leur ont rappelé, drapeaux en main, la pleine souveraineté et l’indépendance de leur peuple.

Comme celles-ci, tout au long de l’année 2020 des signes d’accompagnement à la plus grande des Antilles, considérée sur le sol gaulois comme un exemple de résistance et de victoire, ont pu être appréciés.

Dans un entretien avec Prensa Latina, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a exhorté le président nord-américain élu, Joe Biden, à mettre fin aux agressions et au blocus contre Cuba et à reprendre le chemin de la paix et du rapprochement.

Le député du département du Nord a exprimé l’espoir que l’ancien vice-président s’engagerait dans une position différente de celle de son prédécesseur à la Maison Blanche, qui a promu au cours des deux dernières années quelque 120 mesures punitives pour asphyxier l’île.

Nous espérons que Biden s’acheminera vers une paix réelle avec Cuba, car en ces temps de Covid-19, nous avons besoin que cessent les tensions et les blocus, pour donner lieu à la coopération et à la compréhension, a-t-il affirmé.

LE PRIX NOBEL DE LA PAIX

À la fin du mois d’avril, un appel de l’association Cuba Linda, par l’intermédiaire de Prensa Latina, a lancé une plate-forme pour plaider en faveur de la remise du prix Nobel de la Paix au Contingent international de médecins spécialisés dans les catastrophes et les épidémies graves Henry Reeve.

Le contingent a amplifié ses actions de solidarité et d’altruisme en ces temps de la Covid-19 avec des milliers de professionnels de la santé cubains qui sont arrivés dans plus de 40 pays touchés par la pandémie, y compris en Europe occidentale.

L’aide de l’île ne peut plus être cachée par les grands médias, parce que 'malgré l’infâme blocus imposé par les États-Unis, qui dure depuis plus de 50 ans, la Cuba solidaire envoie son armée de blouses blanches dans le monde entier pour faire face à la pandémie', a-t-il été manifesté dans la convocation.

Un groupe Facebook comptant environ quatre mille quatre cents membres et une pétition sur le portail Mesopinions.com, soutenue par deux mille quatre cents signatures et près de 700 commentaires de reconnaissance et d’admiration pour le travail internationaliste, ont lancé l’initiative, qui a ensuite bénéficié d’un soutien rapide en France et dans d’autres pays du monde.

Des organisations éminentes dans le soutien au pays caribéen ont joint leur voix à la demande, dont Cuba Si France, France Cuba et Cuba Coopération France (CubaCoop), également accompagnées par le PCF, le leader de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, les intellectuels Ignacio Ramonet et Salim Lamrani, les dirigeants syndicaux Benjamin Amar et Cédric Quintin, et d’autres personnalités.

Le 12 octobre, le député écologiste Lambert a formalisé cette demande devant le Comité Nobel norvégien, au nom des Français qui en ont fait leur cause pendant des mois.

Dans sa lettre de demande, le parlementaire a précisé que le désir d’Alfred Nobel de reconnaître ceux qui œuvrent pour l’unité des peuples et la paix sont représentés dans le rôle et l’action du contingent Henry Reeve.

Cette année 2020, la planète est confrontée à la pandémie du nouveau coronavirus, qui met en danger la vie de millions de personnes. Un petit pays, Cuba, envoie ses médecins et son personnel de santé pour aider les équipes médicales du monde entier à faire face à cette terrible menace et sauver ainsi des milliers de vies', a souligné le président du Groupe d’amitié France Cuba à l’Assemblée nationale.

Lambert a insisté dans une interview avec Prensa Latina sur le mérite de l’île pour sa solidarité internationale et sur l’impossibilité de cacher cette réalité, qui a bénéficié à tant d’êtres humains.

Cuba sauve des vies, c’est la vérité, et elle le fait malgré un blocus économique renforcé par Trump qui est inacceptable et injuste, a-t-il déclaré.

CONDAMNATION DU BLOCUS

Des lettres au gouvernement, des messages sur les réseaux sociaux, des déclarations aux médias et la participation à des actions de solidarité ont caractérisé la répudiation du blocus contre Cuba, lors d´une année où la pandémie a fortement limité les activités.

Début 2020, lors d’un gala pour le 25e anniversaire de l’association CubaCoop, l’ancien président français François Hollande a reconnu le courage du peuple de l’île face à l’hostilité des États-Unis et à la recrudescence de son siège.

'Ma présence ici est aussi pour rendre hommage au peuple cubain (...) En mai 2015, nous avons visité Cuba, à une époque où nous pensions que les sanctions pouvaient être levées et que le peuple cubain pourrait vivre dans un pays comme les autres, mais le successeur de Barack Obama (Donald Trump) a rompu tous les engagements et a renforcé les sanctions', a-t-il regretté.

Hollande a également reconnu le courage des médecins des Caraïbes, car ils apportent de l’aide à de nombreux pays de la planète.

Au moins deux fois au cours de l’année, le gouvernement français a pris position contre le blocus : en août avec la réponse de la chancellerie à une lettre de la sénatrice Michelle Gréaume et en décembre, lors de la tenue par vidéoconférence de la Ve Commission économique et commerciale bilatérale.

À ces deux occasions, Paris a réitéré son rejet de la portée extraterritoriale de la politique nord-américaine envers la plus grande des Antilles, qui a atteint un niveau inédit avec l’activation par Trump en mai 2019 du Titre III de la loi Helms-Burton.

La répudiation du blocus et la revendication de sa fin ont été manifestées à Prensa Latina par des parlementaires comme les communistes Fabien Roussel et André Chassaigne, les insoumis Jean-Luc Mélenchon, Éric Coquerel et Alexis Corbière, et l’écologiste François-Michel Lambert.

Le candidat présidentiel Mélenchon a qualifié le siège de criminel et a affirmé que ce caractère est encore plus évident dans le contexte de la pandémie de la Covid-19, alors que Lambert a dénoncé son intention destructrice et son impact semblable à celui d’une guerre.

L’ancien président du Sénat Jean-Pierre Bel, les intellectuels Ignacio Ramonet et Salim Lamrani, l’expert en relations internationales Stéphane Witkowski et les dirigeants syndicaux de la Confédération générale du travail (CGT) Benjamin Amar et Cédric Quintin ont également demandé la levée du blocus et la fin des agressions contre l’île.

Bel a jugé incompréhensible que les Etats-Unis maintiennent et intensifient leur hostilité, alors que la pandémie de la Covid-19 exige la collaboration ; Amar a salué la résistance des Cubains et Lamrani a assuré que la politique de Washington est vouée à l’échec.

Une telle attitude d’hostilité est vouée à l’échec, car la seule politique viable envers Cuba est celle fondée sur l’égalité souveraine, la réciprocité et la non-ingérence dans les affaires intérieures, a abondé l’universitaire et essayiste français.

Le soutien apporté à l’île face aux agressions étasuniennes a trouvé un écho permanent dans divers secteurs de la société du pays européen, où chaque mesure et chaque attaque ont reçu une réponse forte de citoyens ordinaires attachés à la solidarité et à la défense de Cuba, dont Didier Lalande, Rose-Marie Lou, Victor Fernández, Didier Philippe, Charly Bouhana, Michel Taupin, Fabrice Leclerc, Roger Grévoul et Michel Humbert.

peo/arb/wmr

*Correspondante de Prensa Latina en France