Agence de Presse de l'Amérique Latine

L´ex-présidente du Brésil qualifie Bolsonaro de fasciste suite à des insultes

Brasilia, 29 décembre (Prensa Latina) L’ex-présidente brésilienne Dilma Rousseff a qualifié aujourd’hui de fasciste le mandataire d’extrême-droite, Jair Bolsonaro, qui s’est moqué des tortures subies par l’ex-gouvernante durant la dictature militaire (1964-1985).

'C’est triste, mais celui qui occupe le Palais du Planalto (siège de l´Exécutif) se comporte comme un fasciste. Et au pouvoir il agit exactement comme un fasciste', a écrit Rousseff dans une note amplifiée par les médias numériques et les réseaux sociaux.

Bolsonaro a affirmé la veille, devant des partisans, que 'Dilma a été torturée et sa mâchoire a été fracturée. Qu’ils apportent les rayons X pour voir ces os. Je ne suis pas médecin, mais jusqu’à aujourd’hui j’attends la radiographie', a-t-il commenté avec un sourire moqueur.

Pour Rousseff, « cela révèle, avec le torrent de débauche et le rire de la moquerie, la nature d’un tortionnaire. En manquant de respect à ceux qui ont été torturés pendant leur détention, il choisit d’être complice de la torture et de la mort ».

Elle a insisté sur le fait que Bolsonaro ne l’insulte pas seulement à elle, mais des milliers de victimes de la dictature militaire, torturées et assassinées, ainsi que leurs familles, dont beaucoup avaient même le droit d’enterrer leurs proches.

Elle a souligné que l’ancien capitaine de l’armée ne respectant aucune limite imposée par l’éducation et le civisme, une exigence à tout politicien, et plus encore à un président de la République, démoralise une fois de plus le poste qu’il occupe.

Il est indigne de traiter avec mépris et débauche le fait que j’ai été illégalement arrêtée et torturée par la dictature militaire, a souligné l’ex-présidente (2011-2016).

Elle a indiqué que, dans chaque manifestation publique comme celle-ci, l’ex-militaire se révèle exactement ce qu’il est : 'un individu qui ne ressent aucune empathie pour les êtres humains excepté pour ceux qu’il utilise à ses fins'.

Bolsonaro n’a aucun respect pour la vie, il est un défenseur de la torture et des tortionnaires, et il est insensible à la mort et à la maladie, comme il l’a montré face aux près de 200 mille morts causées par la Covid-19 qu´il refuse de combattre.

'La vision fasciste du monde se manifeste dans la célébration de la violence, dans la défense de la dictature militaire et dans la destruction de ceux qui s’y opposent', a finalement souligné Rousseff.

peo/otf/ocs