Agence de Presse de l'Amérique Latine

Des experts de l’ONU demandent la fermeture de la base navale de Guantanamo

Nations Unies, 13 janvier (Prensa Latina) Un groupe d’experts des droits de l’Homme de l’ONU a appelé à la fermeture de la base navale de Guantanamo, un territoire que les États-Unis occupent toujours illégalement à Cuba.

Selon une déclaration publiée par huit rapporteurs spéciaux de l’ONU, il s’agit d’un lieu d’actions arbitraires et d’abus, qui aurait dû être fermé depuis longtemps.

Ils ont donc exhorté la nouvelle administration nord-américaine, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, à fermer immédiatement ce centre de détention.

Ils ont également demandé que des enquêtes soient menées sur les violations des garanties fondamentales commises dans cette installation, note le site officiel des Nations Unies.

Les prisonniers qui se trouvent encore au sein de la base navale de Guantanamo risquent de mourir en raison de la détérioration rapide de leur santé due au vieillissement et aux dommages physiques et mentaux subis et des conditions de détention cruelles et inhumaines, ont mis en garde les rapporteurs dans un communiqué conjoint.

Dans cette prison, la torture et les mauvais traitements sont répandus et restent institutionnalisés, car l’état de droit est suspendu de facto et la justice est refusée, ont-ils souligné.

'La simple existence de cette installation est une honte pour les États-Unis et pour la communauté internationale dans son ensemble', ont-ils manifesté.

Les rapporteurs de l’ONU ont expliqué que la pandémie de Covid-19 aggrave encore un peu plus les vulnérabilités sanitaires de cette population carcérale de plus en plus âgée.

La détention prolongée et indéfinie de personnes qui n’ont été reconnues coupables d’aucune infraction par une autorité judiciaire compétente et indépendante dans le cadre d’une procédure régulière est arbitraire et constitue une forme de traitement cruel, inhumain et dégradant, voire de torture, ont-ils dénoncé.

À cet égard, ils ont demandé au gouvernement des États-Unis d’assurer à ces personnes détenues à Guantanamo une procédure régulière, dans le respect de leurs droits de l’Homme, ou de les libérer ou de les rapatrier immédiatement.

Il y a 19 ans, une prison a été établie sur la base navale illégale de Guantanamo et, au cours de ces 19 années, des experts des droits de l’Homme de l’ONU ont systématiquement exigé sa fermeture.

Ils dénoncent également les abus et les tortures auxquels sont soumis les détenus qui vivent dans une sorte de flou juridique, hors de portée du système judiciaire nord-américain.

En 2003, Guantanamo comptait environ 700 prisonniers et il ne reste actuellement que 40 détenus, mais seulement neuf d´entre eux ont été inculpés ou condamnés pour un crime, selon les chiffres de l’ONU.

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