Agence de Presse de l'Amérique Latine

Le Venezuela déjoue de nouvelles menaces contre sa souveraineté

Par Wiliam Urquijo Pascual

Caracas, 29 mars (Prensa Latina) Le Venezuela déjoue aujourd’hui de nouvelles menaces à sa souveraineté, cette fois en combat frontal contre des groupes armés provenant de Colombie et présents dans la région frontalière, en particulier dans l’état d’Apure.

Depuis le dimanche 21 mars, le Commandement stratégique opérationnel des Forces armées nationales bolivariennes (FANB) mène des actions contre des groupes paramilitaires colombiens au sud de la frontière, plus particulièrement dans les environs de la localité de La Victoria.

À ce jour, les opérations ont permis de neutraliser six irréguliers, 27 suspects ont été remis à la justice et 12 autres ont été arrêtés vendredi, en plus de la saisie d’armes, de drogues et de matériel informatique contenant des informations sur les activités de ces groupes paramilitaires, a informé le ministre de la Défense, Vladimir Godfather.

Il a accusé le Gouvernement colombien et la Central Intelligence Agency (CIA) des États-Unis de parrainer et soutenir ces groupes violents par des moyens logistiques et matériels.

À cet égard, il a affirmé que les incursions de ces paramilitaires sur le territoire vénézuélien doivent être considérées comme une agression parrainée par le président colombien Ivan Duque, avec les conseils du Commandement Sud de l’armée des États-Unis.

Des analystes estiment que les nouveaux événements à la frontière colombo-vénézuélienne s’inscrivent dans les options de changement de régime dans la nation sud-américaine, en réponse au déclin du prétendu gouvernement parallèle de l’opposant Juan Guaidó.

Un autre point concerne la mission parallèle impulsée par le Groupe de Lima au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, qui tente de lier, par des preuves forgées, l’État vénézuélien à de prétendus crimes contre l’humanité, selon un rapport de l’Institut Samuel Robinson.

'Ces agressions cherchent à préparer le terrain psychologique de l’opinion publique mondiale et des institutions de l’ONU dans l’intérêt de promouvoir une opération de R2P (Responsabilité de Protéger), proposée par Guaidó', souligne l’article du centre d’études.

Selon la source spécialisée, la crise à la frontière est censé servir le répertoire des options de changement de régime contre le Venezuela, y compris les 'variantes 'humanitaires' suite au déplacement de personnel civil à la suite des affrontements.

Dans ce contexte, diverses instances comme la Croix-Rouge et plusieurs organisations non gouvernementales se sont déployées dans la municipalité colombienne d’Arauquita -frontalière avec Apure- dans une tentative de positionner la situation d’urgence dans les titres des grands médias internationaux.

Cependant, le haut commandement militaire du Venezuela a montré des preuves de la manière dont ces groupes ont terrorisé les habitants de la région à travers diverses plateformes, dans le but de forcer des mobilisations de personnes qu´ils utilisent comme bouclier humain pour fuir vers la Colombie.

Dès le jeudi 25 mars, les paramilitaires ont commencé à diffuser des enregistrements sur les réseaux sociaux pour effrayer la population de La Victoria et créer une matrice d’opinion selon laquelle les forces armées vénézuéliennes pratiquaient des faux positifs (assassinats de civils ensuite présentés comme des combattants).

De même, ils effrayaient la population pour qu’elle sollicite l’intervention des organismes internationaux, dans un discours visant à créer des excuses pour une éventuelle invasion armée du pays sud-américain.

Les événements d’Apure ont eu lieu un mois après l’annonce par le président colombien Iván Duque de la création d’un commando d’élite pour combattre les groupes irréguliers.

Le président vénézuélien Nicolás Maduro a pour sa part dénoncé la veille l’escalade des agressions contre le Venezuela à la frontière avec la Colombie visant à créer un scénario de confrontation entre les deux nations sud-américaines.

Il a affirmé que les services de renseignement et l’armée de Colombie organisent des actions avec certains de ces groupes irréguliers et leur assignent des missions à exécuter sur le territoire vénézuélien, et ce en coordination avec le Commandement Sud des États-Unis.

À cet égard, le chef de l’État a confirmé l’ordre de tolérance zéro à l’égard de ces bandes criminelles et a appelé à l’appui total de la population frontalière pour défendre la paix et la souveraineté dans une union civique et militaire.

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