Agence de Presse de l'Amérique Latine

Plus de 300 fugitifs après une évasion en Haïti

Port-au-Prince, 7 avril (Prensa Latina) 346 prisonniers sont toujours en fuite en Haïti après une évasion massive de la prison de Croix-des-Bouquets qui a fait une trentaine de morts et 18 blessés.

D’après le rapport du Réseau national pour la défense des droits de l’Homme (Rnddh), 433 prisonniers se sont évadés le 25 février dernier et seulement 87 ont été capturés par la police.

Cette organisation a indiqué que la mutinerie avait été bien planifiée et a pointé du doigt l´absence de surveillance pénitentiaire et policière au début des événements.

« De fait, les moyens déployés, le moment opportun choisi, la présence sur place d’un véhicule de SANCO Entreprises SA, tout était prévu, jusqu’au moindre détail, et tout indique que l’opération a consisté en la libération du meneur de la bande de Village de Dieu, Arnel Joseph », soulignent les résultats de l’enquête.

La Rnddh a critiqué les responsables de la prison pour ne pas prendre au sérieux les deux tentatives d’évasion l’année dernière, également organisées par Joseph, et les rumeurs d’une mutinerie imminente, tout en questionnant le fait que le condamné bénéficiait d’un régime pénitentiaire 'très permissif' avec accès à des téléphones portables et des transferts monétaires.

De novembre 2019 à décembre 2020, on estime que Joseph a reçu environ 10.850 dollars sur au moins trois virements, a signalé le Rnddh.

Marie Rosie Auguste, responsable des programmes à la Rnddh, a déclaré au journal Le National qu’il est illégal pour un détenu d’avoir des téléphones, des ordinateurs portables et de grosses sommes d’argent à sa disposition.

Début mars, la Fondation Je Klere, également défenseuse des droits humains, a indiqué que le manque de personnel et la complicité d’agents ont conduit à cette évasion, révélant qu’au moment des événements la prison ne comptait que six policiers et un surveillant général pour garder 1.535 détenus.

Marie-Yolène Gilles, co-fondatrice de Je Klere, a assuré que cette population carcérale aurait besoin d’au moins 385 officiers, conformément aux critères des Nations Unies.

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