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La crise sociopolitique en Haïti dans l’impasse

Port-au-Prince, 8 avril (Prensa Latina) Tant le gouvernement que l’opposition en Haïti manquent aujourd’hui de légitimité pour entreprendre une transition capable de résoudre la crise sociopolitique, a déclaré l’ancien premier ministre Evans Paul.

Chef du Gouvernement sous l’administration de Michel Martelly, il a souligné que cette dichotomie complique la situation du pays et qu’il est temps que les différents acteurs politiques se réunissent autour d´une table de dialogue.

'Cessez d’hypothéquer l’avenir', nous ne maîtrisons pas le temps, a souligné Paul dans une émission de télévision en déplorant la situation des jeunes dont l’éducation est menacée et celle de la population qui est la principale victime du contexte.

À la fin du mois de mars, l’organisation œcuménique Religions pour la paix s’est proposée comme médiatrice d’un dialogue et a souligné la nécessité urgente d’une entente face à la précarité des conditions socio-économiques de la population, aux cas répétés d’enlèvement, à l´insécurité généralisée et la polarisation de la situation politique du pays.

A cet égard, le président Jovenel Moïse a plaidé pour l’unité, y compris au milieu des différences, assurant que 'nous n’irons nulle part sans dialogue, sans consensus'.

Cependant, plusieurs plateformes d’opposition se sont éloignées de cette approche et ont répété que Moïse occupe illégalement le poste depuis le 7 février dernier et que les négociations ne visent qu’à affaiblir la mobilisation populaire.

Toute tentative de négocier avec le Parti haïtien Tet Kalé au pouvoir signifierait 'cracher sur les cadavres et les victimes de Jovenel Moise', a déclaré le Secteur démocratique et populaire, leader des manifestations antigouvernementales et de la période peyi Lok (pays bloqué) fin 2019.

Cette structure a également critiqué Religions pour la paix dont elle a signalé le silence au sujet des récents massacres dans des quartiers populaires et des décrets émis par le mandataire sur le récent retrait forcé de juges suprêmes et la création d’une agence de renseignement, outre les projets de changement constitutionnel et les élections.

Alors que les principales forces politiques ne parviennent toujours pas à un accord, la crise humanitaire en Haïti s’aggrave avec près de 4,4 millions de personnes ayant besoin d’aide, a confirmé cette semaine l’ONU.

La situation se détériore avec la montée de l’insécurité, l’augmentation des gangs et la multiplication des enlèvements et des assassinats au moment où l’exécutif prépare des élections générales et un référendum constitutionnel pour remplacer la grande charte en vigueur que le mandataire accuse d’encourager l’instabilité politique.

peo/jcm/Ane