Agence de Presse de l'Amérique Latine

Le fantôme du coup d´État surgit au Pérou face à l’avance de Castillo

Lima, 26 avril (Prensa Latina) Le fantôme du coup d’État face à la forte probabilité de victoire du candidat de gauche Pedro Castillo, a surgi ce week-end au Pérou par la voix de l’écrivain Mario Vargas Llosa, dans le cadre d’une offensive médiatique anticommuniste. 

Le romancier de droite a abordé le sujet dans une interview à la radio lors de laquelle il a prêché en faveur de la candidate néolibérale Keiko Fujimori, à qui il avait opposé son veto pour la considérer antidémocratique lors de précédents processus électoraux et qui, le 6 juin prochain, disputera la présidence devant Castillo lors du second tour.

Presque avec exaspération, l’écrivain a répété sa litanie anticommuniste et a lancé un augure qui, pour beaucoup, a sonné comme une menace : 'Si Castillo gagne le second tour et établit un modèle cubain ou vénézuélien, on ne peut exclure qu’il y ait un coup d´État militaire'.

Il a soutenu que l’armée péruvienne est divisée entre la droite et la gauche et que cette dernière serait 'très minoritaire', de sorte que le coup d´État militaire 'serait probablement un coup de droite' qui établirait une dictature sans qu’il soit possible de prévoir combien d’années elle durerait.

Dans le même temps, un communiqué d’anciens chefs des Forces armées et d’anciens ministres de la Défense a appelé à des mesures contre des représentants Pérou libre, parti pour lequel Castillo est candidat, parce qu’ils ont critiqué les crimes commis par des militaires lors d’opérations contre des groupes armés entre 1980 et 2000.

Après avoir estimé que ces représentants cherchent à changer l’histoire, le texte nie les responsabilités institutionnelles militaires et revendique la défaite des groupes armés et le fait d’avoir empêché 'la prise du pouvoir par la voie violente' par ceux qui 'aujourd’hui se présentent sous une figure politique'.

Le document précise que, en tout état de cause, 'les cas isolés où des excès auraient été commis', sont entre les mains de tribunaux qui détermineront les responsabilités individuelles correspondantes.

'La campagne de discrédit et de désinformation visant à affecter la discipline et l’union des Forces armées entreprise par ces acteurs politiques mérite notre plus grand rejet et demande des réponses des autorités responsables du maintien des institutions', signalent les signataires.

Ce communiqué est notamment signé par l’ancien dirigeant militaire Francisco Morales Bermúdez (1975-80), âgé de 99 ans et condamné par contumace en Italie à la prison à vie par la justice italienne en raison de sa participation à des crimes contre l’humanité commis dans le cadre du Plan Condor, une coordination répressive des régimes sud-américains.

Le document est également signé par les anciens militaires de droite élus parlementaires aux élections du 11 avril dernier, Jorge Montoya et José Cueto (anciens chefs de la Marine), Otto Guibovich, ancien chef du Commandement conjoint des Forces armées, et José Williams.

Préalablement, un autre document d’anciens officiers des trois armes, déjà à la retraite, a circulé et demandait des poursuites judiciaires contre ceux qu’ils accusent d’attaquer les forces armées et de faire l’apologie du terrorisme, considéré comme un délit au Pérou.

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