Agence de Presse de l'Amérique Latine

Sévères critiques contre la candidate keiko Fujimori pour nier les stérilisations forcées au Pérou

Lima, 17 mai (Prensa Latina) La tentative de la candidate présidentielle néolibérale Keiko Fujimori de nier la stérilisation massive de femmes pauvres et indigènes sous le gouvernement de son père (1990-2000) au Pérou a engendré de nombreuses et diverses expressions de répudiation. 

L’Association des femmes péruviennes affectées par les stérilisations forcées a exprimé son indignation à l’égard de la déclaration selon laquelle ce programme, qui a fait l’objet d’une enquête du Bureau du Défenseur du peuple et du Ministère de la Santé, était un programme de planification familiale, afin de contester le nouveau dossier judiciaire ouvert contre Alberto Fujimori (père de Keiko).

'Elle nous insulte et se moque de notre tragédie', a indiqué l’association en question, en signalant qu’aucun programme officiel de ce type ne s’applique 'sans connaissance, ni sous la pression, la tromperie, la menace, l’enlèvement, la torture et dans des conditions inhumaines'.

La déclaration des victimes a en outre rejeté l’intention de Fujimori de gracier son père, laissant dans l’impunité quelque 300 mille stérilisations forcées, alors qu’un procès approche après 25 ans de lutte des personnes affectées.

Dans le cadre de la procédure préliminaire d’évaluation de l’enquête, le Procureur chargé de l’affaire a présenté 182 éléments de preuve de mille 312 femmes stérilisées, désignant Fujimori, actuellement emprisonné pour crimes contre l’humanité et corruption, et trois anciens ministres de la Santé comme les responsables immédiats.

La présidente de l’Association des victimes, Ruth Zúñiga, a estimé que ce qu’a exprimé la candidate néolibérale montre 'son mépris pour la vie des femmes pauvres du pays, car elle n’a jamais eu un mot de préoccupation pour la vie et la santé des personnes affectées'.

L’organisation considère que les stérilisations forcées constituent 'la plus grande action raciste de l’époque républicaine' et une flagrante violation des droits de l’Homme.

« Ce n’était pas une politique de planning familial, dans le gouvernement de son père, des milliers de femmes paysannes ont été stérilisées contre leur volonté », a déclaré Zúñiga.

Pendant deux décennies, elles ont lutté pour la justice pendant que les coupables boycottaient le procès en cherchant la prescription du délit, a déclaré quant à elle la leader du bloc de gauche Juntos por el Perú (JP) et ancienne candidate présidentielle, Verónika Mendoza.

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