Agence de Presse de l'Amérique Latine

Les banques cubaines suspendent les dépôts de dollars nord-américains en raison du blocus

La Havane, 22 juin (Prensa Latina) Les unités bancaires ont suspendu dimanche dernier les dépôts en espèces de dollars nord-américains, mesure prise par la Banque Centrale de Cuba (BCC) face à l’impossibilité d’opérer dans cette monnaie en raison du blocus imposé par Washington. 

Comme la BCC l’a indiqué la semaine dernière, cette décision temporaire a été prise en raison des obstacles imposés par le blocus économique, commercial et financier des États-Unis pour empêché le système bancaire cubain de déposer à l’étranger les espèces en dollars collectées dans le pays.

En conséquence, à compter du 21 juin, les personnes physiques et morales, qu’elles soient cubaines ou étrangères, ne pourront plus effectuer de dépôts ou toute autre transaction en espèces en dollars des États-Unis auprès de ces institutions.

L’entité a précisé que cela ne concernait pas les opérations de virements et les dépôts en espèces d’autres devises librement convertibles acceptées dans le pays, qui pourront continuer à être effectuées sans aucune limitation.

Elle a en outre souligné que les dépôts déjà effectués en dollars nord-américains et détenus par des personnes physiques et morales ne sont nullement affectés par cette disposition.

Au cours d’une émission télévisée, la ministre-présidente de la BCC, Marta Wilson, a déclaré que la BCC n’avait pas d’autre choix et a précisé qu’il était de plus en plus difficile pour Cuba de placer ses fonds dans les institutions financières internationales, en plus du fait d’être incapable d’opérer avec le dollar nord-américain en raison du blocus.

Au fil des ans, les banques cubaines ont perdu des contreparties étrangères à cause de ces dispositions et de la crainte de sanctions, a-t-elle précisé.

À cela s’ajoutent des mesures telles que l’inscription sur la liste des entités réglementées des États-Unis de Fincimex et de l’AIS, sociétés liées à l’envoi de fonds à Cuba, ainsi que de la Banque financière internationale.

L’inscription du pays antillais sur la liste unilatérale de Washington des États parrainant prétendument le terrorisme accroît la crainte de représailles et le refus de mener des opérations avec des entités cubaines.

Wilson a indiqué que les transactions commerciales dans le monde se font désormais non pas en espèces, mais par virements bancaires, en raison des réglementations internationales établies.

Mais dans le cas de l’île, tout cela est rendu difficile par le fait que les institutions financières internationales refusent par crainte d’effectuer des transactions avec les institutions nationales.

À ce sujet, le vice-premier ministre Alejandro Gil a assuré que la décision prise par la BCC est indispensable et sa seule cause est la recrudescence absurde des limites insoutenables du blocus, qui empêche que les ressources ne puissent être converties en biens et services.

C’est une mesure de protection de l’économie et de la population, c’est pourquoi la responsabilité de la politique hostile des États-Unis est absolue et totale, laquelle cherche à nous asphyxier par tous les moyens, a précisé le ministre de l’Économie et de la Planification.

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